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Permis de séjour en Suisse : tout comprendre L, B, C, G et leurs implications concrètes en 2026

Permis de séjour en Suisse : tout comprendre L, B, C, G et leurs implications concrètes en 2026

Permis de séjour en Suisse 2026 — guide complet des permis L, B, C et G pour les nouveaux arrivants et expatriés

Sommaire :

📋 Points clés à retenir

  • Pour les Français (UE), le permis B est accordé de droit avec un CDI ou CDD ≥ 12 mois. Il est valable 5 ans et renouvelable automatiquement. (sem.admin.ch)
  • Avec le permis B, vous pouvez changer d'employeur librement sans autorisation — un avantage clé du système suisse pour les ressortissants UE. (LEI art. 38)
  • Le passage au permis C (après 5 ans) est le changement fiscal majeur : vous sortez de l'impôt à la source et passez à la déclaration ordinaire — avec toutes les déductions directes.
  • Le regroupement familial pour les ressortissants UE avec permis B n'est soumis à aucun délai — conjoint et enfants peuvent vous rejoindre immédiatement. (FAQ SEM)
  • Le permis C peut être rétrogradé en permis B en cas de dépendance prolongée à l'aide sociale — le droit au séjour illimité n'est pas définitivement acquis. (FAQ SEM)

Vous arrivez en Suisse et vous entendez parler de permis B, permis C, permis G. Vous savez qu’il en faut un — mais vous ne savez pas lequel vous concerne, ni ce que chaque permis change réellement dans votre vie au quotidien.

C’est exactement ce que ce guide vous explique. Pas seulement ce qu’est chaque permis, mais ce que ça change concrètement  pour vos impôts, votre assurance maladie, votre compte bancaire, votre liberté professionnelle et votre famille.

La règle de base : tout séjour de plus de 3 mois nécessite un permis

En Suisse, toute personne étrangère souhaitant séjourner plus de 3 mois sur le territoire doit être titulaire d’un titre de séjour délivré par les autorités cantonales. Ce permis dépend de :

  • Votre nationalité (UE/AELE ou hors UE)
  • La durée et le motif de votre séjour
  • Votre situation professionnelle
  • Votre situation familiale

Pour les Français (ressortissants UE) : grâce à l’Accord sur la libre circulation des personnes (ALCP), les démarches sont largement simplifiées. Vous avez le droit de vous installer et de travailler en Suisse sans quota ni approbation préalable du marché du travail.

Vue d’ensemble : les 4 permis principaux pour les Français

PermisNom officielPour quiDurée
LAutorisation de courte duréeCDD de 3 à 12 moisDurée du contrat (max 12 mois)
BAutorisation de séjourCDI ou CDD ≥ 12 mois5 ans renouvelable
CAutorisation d’établissementAprès 5 ans de résidenceIllimitée
GAutorisation frontalièreRésidence en France, travail en Suisse5 ans (CDI)

(Source : Secrétariat d’État aux migrations — sem.admin.ch)

Le permis L — Pour les séjours courts (jusqu’à 12 mois)

Ce que dit la loi

Le permis L UE/AELE est délivré sur présentation d’un contrat de travail de 3 à 12 mois. Sa durée de validité correspond à celle du contrat, et il peut être prolongé jusqu’à 12 mois au total.

Les ressortissants UE/AELE en recherche d’emploi peuvent également obtenir un permis L pour une durée maximale de 3 mois, à condition de ne pas dépendre de l’aide sociale.

⚠️ Un contrat de moins de 3 mois n’est pas soumis à autorisation mais à une simple procédure d’annonce en ligne effectuée par l’employeur.

Ce que le permis L change concrètement

Impôts : Vous êtes imposé à la source — votre employeur prélève l’impôt directement sur votre salaire.

Assurance maladie : Obligatoire dès l’arrivée  vous avez 3 mois pour vous affilier à une caisse LAMal.

Compte bancaire : Accessible avec le permis L, mais certaines banques exigent un permis B. Les néobanques (Neon, Yuh) sont souvent plus souples.

Aide sociale : Aucun droit à l’aide sociale avec le permis L UE. Si vous perdez votre emploi, vous devez quitter la Suisse ou prouver des ressources suffisantes.

Famille : Le regroupement familial est possible mais plus complexe qu’avec un permis B.

Vers le permis B : Si votre contrat est renouvelé ou transformé en CDI dépassant 12 mois, vous avez droit au permis B.

Le permis B — Le permis de référence pour les expatriés

Ce que dit la loi

Le permis B UE/AELE est accordé aux ressortissants de l’UE/AELE qui prouvent avoir été engagés pour une durée indéterminée ou pour au moins 365 jours. Sa validité est de 5 ans, renouvelable si les conditions sont maintenues.

Un permis B peut aussi être accordé sans activité lucrative, à condition de disposer de moyens financiers suffisants et d’une assurance maladie.

(Source : sem.admin.ch — Permis B UE/AELE)

💡 En vertu de la LEI (art. 38), les titulaires du permis B peuvent changer d’emploi librement, sans demande d’autorisation supplémentaire — contrairement à certains permis hors UE. 

Ce que le permis B change concrètement

Impôts : Vous êtes imposé à la source. Pour déduire le 3e pilier et vos frais réels, vous devrez déposer une TOU (Taxation Ordinaire Ultérieure) avant le 31 mars de l’année suivante.

Assurance maladie : Obligatoire dans les 3 mois. Comparez gratuitement sur compassurance.ch →

Compte bancaire : Toutes les banques suisses acceptent le permis B. Vous avez accès à l’ensemble des produits bancaires.

Liberté professionnelle : Vous pouvez changer d’employeur librement, travailler à temps partiel, ou démarrer une activité indépendante complémentaire.

Famille : Le regroupement familial pour les ressortissants UE/AELE avec permis B n’est soumis à aucun délai. Votre conjoint(e) et vos enfants mineurs peuvent vous rejoindre immédiatement. (Source : FAQ SEM — Séjour et critères d’intégration)

Renouvellement et risques : Le permis B peut être non-renouvelé ou révoqué en cas de :

  • Dépendance à l’aide sociale
  • Chômage involontaire de plus de 12 mois consécutifs (la première prolongation peut alors être limitée à 1 an)
  • Condamnation pénale grave

 

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Après 5 ans : le chemin vers le permis C

Pour les Français, après 5 ans de séjour régulier et ininterrompu en Suisse, vous avez droit au permis C. (Source : sem.admin.ch — Permis C UE/AELE)

Le permis C — L’établissement permanent

Ce que dit la loi

Le permis C (autorisation d’établissement) est accordé après 5 ans de séjour régulier pour les ressortissants français et d’autres pays ayant conclu des accords d’établissement avec la Suisse (Allemagne, Italie, Espagne, Portugal, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, etc.).

Le droit au séjour est de durée indéterminée et n’est assorti d’aucune condition d’emploi.

⚠️ Le permis C peut être révoqué et remplacé par un permis B  c’est ce qu’on appelle la rétrogradation si les critères d’intégration ne sont plus remplis (notamment dépendance prolongée à l’aide sociale). (Source : FAQ SEM — Critères d’intégration)

Ce que le permis C change concrètement

Impôts : C’est le changement le plus important. Avec le permis C, vous sortez de l’impôt à la source. Vous passez à l’imposition ordinaire : vous déposez une déclaration d’impôts complète chaque année, comme les ressortissants suisses. Vous pouvez déduire directement toutes vos charges (3ème pilier, frais professionnels, frais de garde…) sans passer par une TOU.

💡 Attention : le passage à l’imposition ordinaire peut parfois entraîner une hausse de la charge fiscale si vous avez peu de déductions — car le barème d’impôt à la source peut être plus favorable. Analysez votre situation avant le passage.

Liberté totale : Vous pouvez travailler dans n’importe quel secteur, créer une entreprise, exercer des professions réglementées — sans restriction liée à votre permis.

Accès aux services publics : Plein accès aux aides sociales, aux prestations complémentaires, aux subsides LAMal sans restriction liée au statut migratoire.

Passeport vers la naturalisation : Le permis C est la condition préalable à la demande de naturalisation ordinaire suisse.

La naturalisation suisse : un horizon accessible

Avec le permis C et 10 ans de résidence en Suisse (dont 3 ans consécutifs dans les 5 dernières années), vous pouvez demander la naturalisation ordinaire.

Bonne nouvelle : la double nationalité franco-suisse est reconnue par les deux pays. Devenir suisse ne signifie pas perdre votre nationalité française.

Le permis G — Pour les travailleurs frontaliers

Ce que dit la loi

Le permis G UE/AELE est destiné aux personnes qui résident dans un pays de l’UE/AELE (typiquement en France) et travaillent en Suisse, en retournant à leur domicile principal en principe chaque jour ou au moins une fois par semaine.

Durée de validité :

  • Contrat CDI ou CDD ≥ 1 an → 5 ans (renouvelable)
  • Contrat CDD entre 3 et 12 mois → durée du contrat

Les zones frontalières ont été supprimées : un frontalier peut désormais résider n’importe où dans l’UE/AELE et travailler n’importe où en Suisse.

Ce que le permis G change concrètement

Lieu de résidence : Vous vivez en France, pas en Suisse. Vous n’êtes donc pas soumis à la LAMal — mais vous devez choisir entre la CMU (couverture santé française) ou la LAMal suisse selon votre situation (droit d’option).

Impôts : La fiscalité des frontaliers dépend du canton de travail et des accords bilatéraux. À Genève, les frontaliers sont imposés à la source en Suisse. Dans la plupart des autres cantons frontaliers (Vaud, Valais, Fribourg…), les frontaliers sont imposés en France — avec retour compensatoire.

3e pilier : Les frontaliers résidant en France ne peuvent pas ouvrir un pilier 3a suisse, sauf s’ils ont le statut de quasi-résident (90% des revenus mondiaux imposables en Suisse).

Famille : Le conjoint reste en France et n’a pas de droit de séjour en Suisse lié au permis G du travailleur.

Le chemin de vie en Suisse : de l’arrivée à l’établissement permanent

Arrivée → Annonce commune (8-14 jours)
    ↓
CDD < 12 mois → PERMIS L (max 12 mois)
    ↓ (renouvellement ou CDI)
CDI ou CDD ≥ 12 mois → PERMIS B (5 ans)
    ↓ (après 5 ans continus)
PERMIS C (illimité)
    ↓ (après 10 ans de résidence)
NATURALISATION SUISSE (double nationalité possible)

Ce que chaque permis implique : tableau comparatif complet

CritèrePermis LPermis BPermis C
DuréeMax 12 mois5 ansIllimitée
ImpôtÀ la sourceÀ la source (TOU possible)Imposition ordinaire
Déduire 3e pilierTOU obligatoireTOU obligatoireDirectement dans la déclaration
Changer d’emploi⚠️ Possible, à vérifier✅ Librement (art. 38 LEI)✅ Librement
Regroupement familial UEPossible✅ Sans délai✅ Sans délai
Aide sociale❌ Aucun droit⚠️ Risque de non-renouvellement✅ Accessible
Subsides LAMalSelon cantonSelon canton✅ Plein droit
Naturalisation❌ Non❌ Non✅ Après 10 ans total
Révoquer si chômage longOuiOui (>12 mois)⚠️ Rétrogradation possible

Les pièges à éviter selon votre permis

Avec le permis L

Piège 1 — Ne pas faire renouveler à temps. Le permis L expire à la date du contrat. Si votre contrat est prolongé, faites la démarche de renouvellement immédiatement — ne laissez pas de trou.

Piège 2 — Croire qu’on peut rester après la fin du contrat. Avec un permis L, la fin du contrat = fin du droit de séjour (sauf période de recherche d’emploi de 3 mois max).

Avec le permis B

Piège 3 — Ne pas déclarer ses revenus étrangers. Si vous avez des revenus locatifs en France ou tout autre revenu hors Suisse, vous avez des revenus annexes non soumis à la source → TOU obligatoire. Ne pas le faire = risque de redressement fiscal.

Piège 4 — Oublier le renouvellement. Anticipez 2 à 3 mois avant l’expiration. Un retard peut créer une interruption de séjour et compliquer l’accès au permis C.

Piège 5 — Sous-estimer l’impact du chômage. Plus de 12 mois de chômage consécutif peut déclencher une limitation du renouvellement à 1 an. Soyez proactif dans votre recherche d’emploi.

Avec le permis C

Piège 6 — Ne pas anticiper le passage à l’imposition ordinaire. La première déclaration d’impôts ordinaire peut surprendre si vous avez peu de déductions. Consultez un conseiller fiscal avant le changement.

FAQ — Questions fréquentes sur les permis de séjour en Suisse

Quelle est la différence entre permis B et permis C en Suisse ? Le permis B est une autorisation de séjour de 5 ans, liée à un emploi ou à des ressources suffisantes, où vous êtes imposé à la source. Le permis C est une autorisation d’établissement illimitée, accordée après 5 ans pour les Français, qui donne accès à l’imposition ordinaire, à la pleine liberté professionnelle et est la condition préalable à la naturalisation. (Source : sem.admin.ch)

Un Français peut-il obtenir directement le permis C en arrivant en Suisse ? Non. Le permis C s’obtient après 5 ans de séjour régulier et ininterrompu en Suisse avec un permis B (pour les ressortissants français et d’autres pays ayant conclu des accords d’établissement avec la Suisse). (Source : sem.admin.ch — Permis C UE/AELE)

Peut-on perdre son permis B en perdant son emploi en Suisse ? Oui, mais pas immédiatement. En cas de chômage involontaire de plus de 12 mois consécutifs, la première prolongation du permis B peut être limitée à 1 an (et non 5 ans). Une dépendance prolongée et importante à l’aide sociale peut mener à la non-prolongation. (Source : sem.admin.ch — Permis B UE/AELE)

Avec le permis B, peut-on changer librement d’employeur en Suisse ? Oui. En vertu de l’article 38 de la LEI, les titulaires du permis B peuvent changer d’emploi librement, sans demande d’autorisation. C’est un avantage important du système suisse pour les ressortissants UE/AELE. (Source : FAQ SEM — Travail)

Le conjoint peut-il travailler en Suisse avec un permis B ? Oui. Le regroupement familial pour les ressortissants UE/AELE titulaires d’un permis B n’est soumis à aucun délai. Le conjoint obtient lui aussi un permis B et peut travailler librement en Suisse dès son arrivée. (Source : FAQ SEM — Séjour et critères d’intégration)

Qu’est-ce que la rétrogradation du permis C ? La rétrogradation est le passage forcé du permis C au permis B, décidé par les autorités cantonales lorsque les critères d’intégration ne sont plus remplis — notamment en cas de dépendance prolongée et importante à l’aide sociale. Le droit de séjour illimité est alors remplacé par une autorisation temporaire de 5 ans. (Source : FAQ SEM — Critères d’intégration)

Le permis G (frontalier) donne-t-il le droit de s’installer en Suisse ? Non. Le permis G est réservé aux personnes qui résident à l’étranger (en France par exemple) et travaillent en Suisse, en retournant à leur domicile principal en principe chaque jour ou au moins une fois par semaine. Ce permis ne permet pas de s’établir en Suisse. (Source : sem.admin.ch — Permis G UE/AELE)

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10 ans que j'aide des expatriés et nouveaux arrivants en Suisse à bien s'installer et à faire les bons choix. Assurance maladie, 3e pilier, fiscalité, permis B… J'adore simplifier ce qui semble compliqué et donner des conseils concrets, adaptés à votre situation. Parce qu'un bon départ en Suisse, ça change vraiment tout.

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Retraite en Suisse

Retraite en Suisse : comprendre le système des 3 piliers et la différence avec la France

Retraite en Suisse 2026 : 3 Piliers, AVS, LPP & Différence avec la France

Résident à Genève propriétaire d'un bien immobilier en France — guide fiscalité 2026

Sommaire :

📋 Points clés à retenir

  • La retraite suisse repose sur 3 piliers : AVS (répartition), LPP/caisse de pension (capitalisation), 3e pilier (épargne privée). Dès votre arrivée, vous cotisez aux deux premiers automatiquement.
  • La rente AVS 2026 va de CHF 1'260 à CHF 2'520/mois pour une cotisation complète de 44 ans. Pour la rente maximale, il faut un revenu annuel moyen d'au moins CHF 90'720. (Banque Migros 2026)
  • Le 1er + 2e pilier ensemble couvrent environ 50 à 60% de votre dernier salaire. Le 3e pilier est indispensable pour maintenir votre niveau de vie. (ch.ch officiel)
  • Nouveauté 2026 : une 13e rente AVS est versée en décembre à tous les retraités — aucune démarche nécessaire. (ch.ch ; caisseavsvaud.ch)
  • Il est impossible de racheter des années AVS manquantes. Commencez à cotiser dès votre arrivée — et ouvrez votre 3e pilier (CHF 7'258 déductibles/an en 2026) sans attendre.

Vous venez d’arriver en Suisse et vous entendez parler d’AVS, de 2e pilier, de 3ème pilier. Vous ne savez pas ce qui se passe avec vos droits à la retraite français. Et surtout vous ne savez pas si vous allez bien cotiser pour votre retraite future.

Ce guide répond à toutes ces questions  avec uniquement des chiffres officiels 2026.

La grande différence : répartition vs capitalisation

Avant tout, comprenons la philosophie de chaque système.

En France, la retraite repose presque entièrement sur la répartition : les actifs d’aujourd’hui cotisent pour payer les retraites d’aujourd’hui. Vous accumulez des points (régime général + Agirc-Arrco), et votre retraite dépend de ces points.

En Suisse, le système combine deux logiques :

  • La répartition pour le 1er pilier (AVS) — identique au principe français
  • La capitalisation pour le 2e pilier (LPP) et le 3e pilier — votre argent est mis de côté pour vous, dans un compte personnel ou une caisse de pension

C’est cette combinaison qui rend le système suisse plus robuste pour les expatriés : même si vous n’avez cotisé que quelques années en Suisse, votre capital de 2e et 3e pilier vous appartient entièrement.

Les 3 piliers suisses : vue d’ensemble

PilierNomObligatoireObjectifSystème
1er pilierAVS/AI✅ Oui — tousMinimum vitalRépartition
2e pilierLPP (caisse de pension)✅ Oui — salariésMaintien du niveau de vieCapitalisation
3e pilierPrévoyance privée❌ FacultatifComplément individuelCapitalisation

En pratique, les 1er et 2e piliers combinés représentent environ 50 à 60% de votre dernier salaire. Le 3e pilier est indispensable pour combler le reste.

1er pilier — L’AVS : le socle de base

Qu’est-ce que l’AVS ?

L’Assurance Vieillesse et Survivants (AVS) est le pilier de base, obligatoire pour tous ceux qui résident ou travaillent en Suisse. Dès votre arrivée, vous y cotisez automatiquement — que vous soyez français, européen ou de tout autre nationalité.

L’AVS couvre trois risques :

  • La vieillesse (rente de retraite)
  • Le décès (rente pour les survivants)
  • L’invalidité (via l’AI, Assurance Invalidité)

Cotisations AVS 2026

Qui cotiseTaux AVSTaux AVS+AI+APG totalPart salariéPart employeur
Salarié8,7%10,6% du salaire brut5,30%5,30%
IndépendantBarème dégressifmax 10,1%100% à sa charge

(Source : Centre d’information AVS/AI, mémento 2.01 — ahv-iv.ch)

Ces cotisations sont prélevées automatiquement sur votre salaire par votre employeur.

Montants de rente AVS 2026

RenteMontant mensuel
Rente minimale (cotisation complète)CHF 1’260/mois
Rente maximale (cotisation complète)CHF 2’520/mois
Plafond couple mariéCHF 3’780/mois (= 150% du max)

Nouveauté 2026 : À partir de décembre 2026, les bénéficiaires de l’AVS recevront une 13e rente annuelle, résultat de la votation populaire de mars 2024. Elle correspond à 1/12 de la somme des rentes mensuelles de l’année.

L’âge de référence (retraite) en Suisse

  • Hommes : 65 ans
  • Femmes : relevé progressivement à 65 ans (réforme AVS 21)
    • Nées en 1962 : 64 ans et 6 mois en 2026
    • Nées en 1964 et après : 65 ans (dès 2028)

Il est possible d’anticiper la rente de 1 à 2 ans (avec réduction) ou de l’ajourner de 1 à 5 ans (avec majoration).

⚠️ Point critique pour les nouveaux arrivants : les lacunes de cotisation AVS

Si vous avez commencé à travailler en France avant d’arriver en Suisse, vous avez des années de cotisation manquantes dans l’AVS suisse. Chaque année manquante réduit votre rente de 1/44e (environ 2,3% par an).

Contrairement au 2e pilier, il est impossible de racheter des années manquantes dans l’AVS. La seule solution est de cotiser le plus longtemps possible dès votre arrivée.

💡 Bonne nouvelle : grâce aux accords de coordination de sécurité sociale entre la France et la Suisse, vos années de cotisation en France sont prises en compte pour atteindre le taux plein de la retraite française. Les deux systèmes ne se cumulent pas, mais ils se complètent.

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2e pilier — La LPP : votre caisse de pension professionnelle

Qu’est-ce que la LPP ?

La Loi sur la Prévoyance Professionnelle (LPP) constitue le 2e pilier. C’est un système de capitalisation : vos cotisations sont placées sur un compte individuel dans une caisse de pension (choisie par votre employeur), et vous récupérez ce capital à la retraite — sous forme de rente mensuelle, de capital en une fois, ou d’un mix des deux.

Condition d’entrée : être salarié avec un salaire annuel dépassant CHF 22’680 (seuil d’entrée LPP). Vous êtes automatiquement affilié dès que vous signez un contrat de travail en Suisse répondant à ce critère.

(Source : Allianz CH — 3 piliers Suisse)

Comment se calcule le salaire assuré (salaire coordonné) ?

La LPP ne s’applique pas à la totalité de votre salaire brut. Elle fonctionne sur le salaire coordonné :

Salaire coordonné = Salaire brut annuel
                    − Déduction de coordination (CHF 25'725)

Le salaire assuré se situe entre CHF 3’675 et CHF 88’200 (partie obligatoire).

💡 La part du salaire au-delà de CHF 88’200 n’est pas couverte à titre obligatoire votre employeur peut proposer une couverture surobligatoire (enveloppe supplémentaire facultative).

Cotisations LPP : taux par âge

Les cotisations au 2e pilier augmentent avec l’âge (bonifications vieillesse). Elles sont partagées entre salarié et employeur — l’employeur paye au moins la moitié.

ÂgeBonification vieillesse minimale
25–34 ans7% du salaire coordonné
35–44 ans10%
45–54 ans15%
55–65 ans18%

Que se passe-t-il si vous quittez votre employeur ?

Vos avoirs LPP vous appartiennent. En changeant d’employeur, ils sont transférés dans la nouvelle caisse de pension ou dans un compte de libre passage (Freizügigkeitskonto).

Le compte de libre passage conserve votre capital jusqu’à la retraite. Si vous quittez définitivement la Suisse, vous pouvez — sous conditions — en demander le remboursement anticipé.

💡 C’est ce qu’on appelle le libre passage 

3e pilier — La prévoyance privée : l’outil fiscal à ne pas négliger

3a (lié) vs 3b (libre)

 Pilier 3aPilier 3b
Déductibilité fiscale✅ Oui — jusqu’au plafond légal❌ Non (sauf cantons spécifiques)
Plafond 2026 (salarié)CHF 7’258/anAucun plafond
Plafond 2026 (indépendant sans 2e pilier)CHF 36’288/an (20% du revenu)Aucun plafond
Conditions de retraitLimitées (retraite, RP, départ Suisse…)Libre
Imposition au retraitTaux réduit séparé des autres revenusSelon le produit

La grande nouveauté 2026 : les rachats rétroactifs du pilier 3a

Depuis le 1er janvier 2026, il est désormais possible de combler rétroactivement les années manquées dans le pilier 3ème pilier  — jusqu’à 10 ans en arrière, à compter des cotisations à partir de 2025.

Conditions :

  • Avoir exercé une activité lucrative avec revenu soumis à l’AVS pour l’année concernée
  • Ne pas avoir effectué de prélèvement anticipé lié à l’âge (dès 59 ans pour les femmes, 60 ans pour les hommes)
  • Applicable uniquement pour les années de cotisation à partir de 2025

💡 Pour les nouveaux arrivants : vous ne pouvez pas racheter les années passées en France, mais vous pouvez rattraper les années suisses depuis 2025 si vous n’avez pas pu cotiser pleinement.

Permis B et 3e pilier : comment déduire fiscalement ?

Avec un permis B (impôt à la source), la déduction du 3e pilier dans vos impôts nécessite de faire une TOU (Taxation Ordinaire Ultérieure) — une déclaration d’impôt complète. Sans TOU, vous cotisez mais ne déduisez pas fiscalement.

Délai de dépôt de la TOU : 31 mars de l’année suivante.

Suisse vs France : le comparatif des systèmes de retraite

CritèreFranceSuisse
SystèmeEssentiellement répartitionRépartition (1er pilier) + capitalisation (2e et 3e piliers)
Âge légal de départ64 ans (réforme 2023)65 ans (hommes + femmes dès 2028)
Taux de cotisation salarié~11% (régime général)5,3% AVS + part LPP (variable)
Retraite de base max/mois~CHF 1’700 (plafond SS ~€ 3 428/an = ~CHF 286/mois)CHF 2’520/mois (AVS max)
Retraite complémentaireAgirc-Arrco (points)LPP — capital individuel capitalisé
Portabilité si vous partezPoints Agirc-Arrco conservésCapital 2e pilier conservé sur compte libre passage
Rachat années manquantesPossible (trimestres)Possible pour le 2e pilier — impossible pour l’AVS
Équivalent 3e pilier en FrancePER (Plan Épargne Retraite)3e pilier A (plus avantageux fiscalement)
Cumul France + SuisseOui — grâce aux accords bilatérauxOui — les années se complètent

Ce que vous perdez vs ce que vous gagnez en partant en Suisse

Ce que vous perdez :

  • Vos cotisations à l’Agirc-Arrco cessent. Vous ne générez plus de points complémentaires en France
  • Vos années en France ne donnent pas droit à l’AVS suisse (pas de portabilité directe)

Ce que vous gagnez :

  • Vous cotisez à l’AVS suisse dès le premier jour
  • Votre capital LPP (2e pilier) grandit dans votre caisse de pension — et vous appartient
  • Vous pouvez ouvrir un 3e pilier avec des avantages fiscaux immédiats
  • Grâce aux accords bilatéraux, vos années en France comptent pour obtenir le taux plein de votre retraite française

Ce que vous devez faire dès l’arrivée en Suisse

1. Vérifier votre affiliation AVS

Dès votre embauche, votre employeur vous affilie automatiquement. Vous recevrez un numéro AVS (numéro de sécurité sociale suisse à 13 chiffres). Conservez-le — il vous suivra toute votre carrière en Suisse.

2. Identifier votre caisse de pension (2e pilier)

Demandez à votre employeur le nom et les coordonnées de la caisse de pension à laquelle vous êtes affilié. Vous devriez recevoir un certificat de prévoyance annuel indiquant votre capital accumulé.

3. Ouvrir un 3e pilier dès le premier salaire

Ne perdez pas une année. Chaque année sans 3e pilier = CHF 7’258 non déduits de vos impôts. Sur 30 ans, c’est potentiellement plus de CHF 217’000 de capital non constitué.

Ouvrir votre 3e pilier avec l’aide d’un expert →

4. Conserver vos relevés de carrière français

Gardez tous vos bulletins de salaire et relevés de carrière française (Assurance Retraite). À terme, vous devrez coordonner vos droits des deux pays pour optimiser votre retraite globale.

FAQ — Questions fréquentes sur la retraite en Suisse

Quand commence-t-on à cotiser à l’AVS en Suisse ? L’obligation de cotiser à l’AVS commence au 1er janvier de l’année suivant le 20e anniversaire pour les personnes sans activité lucrative, et au 1er janvier suivant le 17e anniversaire pour celles qui exercent une activité salariée. Dès votre arrivée en Suisse avec un emploi, vous cotisez automatiquement. (Source : ahv-iv.ch)

Combien toucherai-je à la retraite si j’ai travaillé seulement 10 ans en Suisse ? Votre rente AVS sera une rente partielle — réduite proportionnellement au nombre d’années de cotisation. Sur 44 années requises pour une rente complète, 10 années donnent environ 23% de la rente complète, soit environ CHF 290–580/mois selon votre revenu moyen. Votre 2e pilier (LPP) compensera une partie de ce manque. 

Mes années de cotisation en France comptent-elles pour la retraite suisse ? Non pour l’AVS suisse — les années françaises n’entrent pas dans le calcul de la rente AVS. En revanche, grâce aux accords de coordination de sécurité sociale entre la France et la Suisse, vos années en France sont prises en compte pour atteindre le taux plein de votre retraite française (CNAV/CARSAT). Les deux systèmes se complètent sans se cumuler. 

Que se passe-t-il avec mon 2e pilier si je quitte la Suisse ? Votre capital LPP vous appartient. Si vous retournez dans un pays de l’Union Européenne (comme la France), la partie obligatoire LPP doit rester bloquée sur un compte de libre passage jusqu’à l’âge de la retraite. La partie surobligatoire peut être retirée. Si vous partez hors UE, le retrait intégral est possible sous conditions. (Source : suisselibrepassage.ch)

Puis-je ouvrir un 3e pilier avec un permis B ? Oui, dès que vous avez un revenu soumis à l’AVS en Suisse. Pour en bénéficier fiscalement, vous devrez faire une TOU (Taxation Ordinaire Ultérieure) avant le 31 mars de l’année suivante — la simple imposition à la source ne permet pas la déduction du 3e pilier depuis la réforme 2021. 

Quelle est la différence entre le 3e pilier suisse et le PER français ? Les deux permettent de déduire les cotisations du revenu imposable et de capitaliser pour la retraite. La différence principale : le plafond suisse (CHF 7’258 en 2026 pour un salarié) est fixe et simple à calculer, tandis que le plafond du PER dépend des revenus professionnels. Le 3e pilier suisse est généralement plus avantageux fiscalement pour les revenus moyens à élevés en Suisse romande, en raison des taux d’imposition cantonaux élevés à Genève et Vaud.

Qu’est-ce que la 13e rente AVS et à quoi ai-je droit ? À partir de décembre 2026, tous les bénéficiaires d’une rente de vieillesse AVS recevront une rente supplémentaire annuelle, versée en une fois au mois de décembre. Elle correspond à 1/12 de la somme des rentes mensuelles de l’année. Aucune démarche n’est nécessaire — elle est versée automatiquement.

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Résident à Genève avec un bien immobilier en France : comment ça se passe fiscalement ?

Résident à Genève avec un bien immobilier en France : comment ça se passe fiscalement ?

Résident à Genève propriétaire d'un bien immobilier en France — guide fiscalité 2026

Sommaire :

📋 Points clés à retenir

  • La convention franco-suisse de 1966 (art. 6 et 15-1) attribue à la France le droit d'imposer les revenus immobiliers et les plus-values de biens situés sur son territoire — même si vous vivez à Genève.
  • Genève ne taxe pas directement vos revenus ou plus-values immobiliers français — mais elle les intègre pour calculer votre taux d'imposition global (règle du taux effectif). (ge.ch officiel)
  • Votre bien immobilier en France doit obligatoirement être déclaré dans votre déclaration fiscale genevoise — quelle que soit sa situation géographique. (ge.ch officiel)
  • Affilié à la LAMal suisse, vous payez le prélèvement de solidarité à 7,5% — et non les prélèvements sociaux à 17,2% — sur vos revenus locatifs et plus-values français.
  • ⚠️ Aucune convention successorale entre France et Suisse depuis 2015 — risque de double imposition sur les héritages. Anticipez avec un notaire spécialisé.

Vous avez déménagé à Genève et vous êtes encore propriétaire en France  résidence secondaire, bien locatif, ou maison familiale.

Bonne nouvelle : il existe des règles précises pour éviter de payer deux fois.
Mauvaise nouvelle : ces règles sont plus complexes qu’il n’y paraît, et beaucoup de résidents suisses les ignorent.

Ce guide explique clairement ce que prévoit la convention fiscale franco-suisse de 1966 pour votre bien immobilier en France.

🔴 Guide avancé — avertissement important : Cet article traite d’un sujet complexe à l’intersection de deux systèmes fiscaux. Les règles présentées sont vérifiées sur les sources officielles disponibles, mais la fiscalité franco-suisse évolue et chaque situation patrimoniale est unique. Ce guide ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique. Avant toute décision (vente, mise en location, déclaration), consultez un conseiller fiscal spécialisé en fiscalité franco-suisse ou un notaire.

Le principe fondamental : la convention fiscale franco-suisse de 1966

Tout part de là. La France et la Suisse ont signé une convention fiscale le 9 septembre 1966 qui répartit les droits d’imposition entre les deux pays pour éviter la double imposition.

Pour l’immobilier, le principe est simple et clair :

“Les revenus provenant de biens immobiliers sont imposables dans l’État contractant où sont situés ces biens.” (Article 6-1 de la convention franco-suisse de 1966)

“Les gains provenant de l’aliénation des biens immobiliers sont imposables dans l’État contractant où ces biens sont situés.” (Article 15-1 de la convention franco-suisse de 1966)

Conséquence directe : si vous résidez à Genève et que vous possédez un bien immobilier en France, les revenus locatifs et les plus-values de ce bien sont imposables en France — pas en Suisse.

Mais  et c’est là que beaucoup se trompent  la Suisse n’ignore pas pour autant ce bien. Elle l’intègre dans votre déclaration genevoise pour déterminer votre taux d’imposition.

Ce que vous devez déclarer côté suisse (Genève)

La règle est posée noir sur blanc sur le site officiel du canton de Genève :

“Si vous êtes propriétaire ou usufruitier d’un bien immobilier, vous devez le signaler dans votre déclaration fiscale quelle que soit la situation du bien (canton de Genève, autre canton, étranger).” (ge.ch/impot-proprietaires-immobiliers)

Première question clé : quel est votre permis ?

Votre situation fiscale à Genève dépend directement de votre type de permis. Ce point est fondamental et change tout à la façon dont vous déclarez votre bien français.

ProfilMode d’imposition à GenèveDémarche pour le bien en France
Permis B ou LImpôt à la source (prélevé par l’employeur)TOU potentiellement nécessaire — voir ci-dessous
Permis CImposition ordinaire (déclaration annuelle)Bien à déclarer directement dans la déclaration annuelle
Ressortissant suisse / naturaliséImposition ordinaireIdem permis C

💡 Si vous avez le permis C ou la nationalité suisse : vous déposez déjà une déclaration d’impôts complète chaque année. Vous y déclarez simplement votre bien immobilier français comme tout autre élément de fortune ou de revenu. La TOU ne vous concerne pas continuez à lire pour les règles d’imposition en France.

⚠️ Si vous avez le permis B ou L : vous êtes imposé à la source. Avoir des revenus locatifs en France crée une situation particulière lisez attentivement la section ci-dessous.

Ce que Genève fait avec votre bien français

Pour un bien situé à l’étranger (France), Genève applique la règle suivante quelle que soit votre situation :

  • Le bien n’est pas imposé à Genève sur ses revenus ou loyers
  • Mais sa valeur fiscale et son revenu servent à fixer votre barème d’imposition pour les impôts cantonaux et communaux (ICC), et son revenu s’ajoute à votre revenu imposable pour l’impôt fédéral direct (IFD)

(Source : ge.ch/impot-proprietaires-immobiliers — site officiel du canton de Genève)

C’est la règle du taux effectif : vos revenus français font monter votre taux d’imposition en Suisse, même s’ils ne sont pas directement taxés par Genève.

La valeur fiscale à déclarer en Suisse

Pour un bien immobilier étranger, la valeur fiscale à inscrire dans votre déclaration genevoise correspond au prix d’achat, converti en francs suisses au cours du 31 décembre de la période fiscale.

(Source : ge.ch/impot-proprietaires-immobiliers/valeur-fiscale-impot-fortune)

 

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Permis B avec revenus locatifs en France : la TOU s’impose

Si vous êtes titulaire d’un permis B ou L et que vous percevez des revenus locatifs en France, vous vous retrouvez dans une situation précise : vous avez des revenus annexes non soumis à l’impôt à la source en Suisse.

Depuis la réforme de l’impôt à la source de 2021, ces revenus ne peuvent être déclarés et déduits qu’à travers une TOU (Taxation Ordinaire Ultérieure) — pas via une simple DRIS.

Concrètement, la TOU vous permet de :

  • Déclarer vos revenus locatifs français pour le calcul du taux effectif
  • Déduire votre 3ème pilier (CHF 7’258 max en 2026)
  • Faire valoir vos autres déductions réelles (frais professionnels, frais de garde…)

Délai : 31 mars de l’année suivant l’année fiscale — passé ce délai, la demande est irrecevable.

⚠️ La TOU est irrévocable une fois demandée — elle s’applique chaque année jusqu’à la fin de votre assujettissement à l’impôt à la source. Analysez votre situation avec votre administration fiscale cantonale avant de vous engager.

(Source : art. 89 LIFD — Administration fédérale des contributions ; ge.ch/impot-source)

Cas 1 — Résidence secondaire non louée en France

Vous avez gardé votre maison ou appartement en France comme résidence secondaire, mais vous ne la louez pas.

Côté France :

  • Vous n’avez aucune déclaration de revenus immobiliers à faire en France (pas de loyers, pas de revenus)
  • Vous restez redevable de la taxe foncière chaque année
  • La taxe d’habitation sur les résidences secondaires reste due (maintenue même après la réforme de 2026 qui exonère uniquement les résidences principales)

Côté Suisse (Genève) :

  • Vous devez déclarer le bien dans votre déclaration de fortune
  • L’administration fiscale genevoise intègre la valeur locative théorique du bien (même non loué) pour calculer votre taux d’imposition
  • Cette valeur locative théorique ne crée pas d’impôt supplémentaire à payer, mais peut faire monter votre taux marginal

(Source : CCI France Suisse — fiscalité acquisition immobilier France)

Cas 2 — Bien locatif en France (location nue)

Vous louez votre bien en France à un locataire dans le cadre d’une location vide (non meublée).

Côté France — ce que vous payez :

Les revenus locatifs sont imposés en France dans la catégorie revenus fonciers. En tant que non-résident fiscal français, un taux minimum d’imposition s’applique selon un barème progressif. Les taux exacts varient chaque année par indexation — consultez impots.gouv.fr ou le Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR) pour les taux en vigueur lors de votre déclaration.

À titre indicatif, la législation prévoit un taux minimum de 20% sur la fraction basse du revenu net imposable et 30% au-delà d’un certain seuil — mais ces montants sont ajustés annuellement.

(Source : CCI France Suisse, basé sur la législation fiscale française — vérifiez les seuils actuels sur impots.gouv.fr)

En plus de l’IR, les non-résidents affiliés à un régime obligatoire de sécurité sociale en Suisse (ce qui est votre cas) sont soumis au prélèvement de solidarité au taux de 7,5% — et non aux prélèvements sociaux à 17,2% applicables aux résidents français ou aux non-résidents non couverts par un régime social européen/suisse.

(Source : renaissancepatrimoine.fr — Résident fiscal suisse et revenus fonciers France)

Vous avez le choix entre deux régimes de déclaration en France :

  • Micro-foncier : abattement forfaitaire de 30% sur les loyers bruts. Simple, mais pas toujours avantageux.
  • Régime réel : déduction des charges effectives (intérêts d’emprunt, taxe foncière, travaux d’entretien, assurances, frais de gestion). Souvent plus avantageux si vous avez des charges élevées ou un emprunt en cours.

Côté Suisse (Genève) :

Vos revenus locatifs français doivent être mentionnés dans votre déclaration suisse. Ils ne sont pas taxés en tant que tels à Genève, mais sont pris en compte pour déterminer votre taux d’imposition global.

Cas 3 — Location meublée en France (LMNP)

Si vous louez votre bien en meublé, les revenus relèvent des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) en France. Ce régime permet notamment de déduire l’amortissement du bien, ce qui peut considérablement réduire ou annuler la base imposable.

La distinction entre statut LMNP (loueur meublé non professionnel) et LMP (loueur meublé professionnel) a des conséquences fiscales significatives. Les règles applicables aux non-résidents dans ce domaine sont complexes et peuvent évoluer. Consultez un conseiller fiscal spécialisé avant de choisir ce régime ou si vous êtes déjà en location meublée.

Cas 4 — Vous vendez votre bien en France

C’est le cas le plus sensible. La plus-value est imposée en France, conformément à l’article 15-1 de la convention de 1966.

Le régime d’imposition de la plus-value

ImpositionTauxExonération totale
Impôt sur le revenu (IR)19%Après 22 ans de détention
Prélèvement de solidarité7,5% (si affilié régime suisse)Après 30 ans de détention
Prélèvement complémentaireVariableSi plus-value > 50 000 €

Les abattements pour durée de détention s’appliquent progressivement :

  • De la 6e à la 21e année : 6% par an pour l’IR
  • 22e année : 4% → exonération totale d’IR à partir de 22 ans
  • Pour les prélèvements sociaux : taux d’abattement différent, exonération totale à 30 ans

(Source : art. 244 bis A du CGI + room-avocats.com)

L’obligation du représentant fiscal accrédité

Tout non-résident vendant un bien immobilier en France doit désigner un représentant fiscal accrédité. C’est une obligation légale prévue par l’article 244 bis A du CGI. Sans cette désignation, le notaire ne peut pas finaliser la vente.

⚠️ Point critique : l’exonération de l’ancienne résidence principale

Un piège que beaucoup ne connaissent pas : l’exonération de plus-value sur l’ancienne résidence principale (logique si vous l’occupiez avant de partir en Suisse) ne s’applique pas aux résidents suisses.

La raison : ce dispositif d’exonération prévu à l’article 244 bis A I-1° du CGI nécessite que la France ait conclu avec l’État de résidence du vendeur une convention d’assistance mutuelle en matière de recouvrement. Or, la France et la Suisse n’ont pas signé de telle convention.

Conseil pratique si vous envisagez de vendre votre ancienne résidence principale après votre départ en Suisse : vendez-la avant de partir, ou faites coïncider la date de vente avec la date de départ. L’administration fiscale française admet un délai raisonnable si le bien est resté inoccupé entre le départ et la vente.

(Source : RSM France — Déménager en Suisse : enjeux fiscaux franco-suisses)

Côté Suisse : la plus-value française n’est pas imposée

La plus-value réalisée sur un bien immobilier en France n’est pas imposée à Genève — elle reste exclusivement de compétence française.

(Source : RSM France — “une plus-value générée en France sera normalement taxée en France et non taxée en Suisse”)

Cas 5 — L’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière)

Si la valeur nette de votre patrimoine immobilier situé en France dépasse 1 300 000 € au 1er janvier de l’année fiscale, vous êtes redevable de l’IFI en France — même en tant que résident suisse.

Pour les non-résidents fiscaux français, l’IFI ne porte que sur les biens immobiliers situés en France (pas les biens en Suisse ni ailleurs).

Le barème est progressif, identique à celui des résidents français.

(Source : calci-patrimoine.com — fiscalité expatrié non-résident 2026)

Ce que la convention ne couvre pas : les successions

Point crucial souvent ignoré : il n’existe plus de convention franco-suisse en matière de succession depuis le 1er janvier 2015. La convention de 1953 a été dénoncée.

Conséquence : en cas de décès d’un résident suisse propriétaire en France, ou de transmission du bien à des héritiers résidant en France, les droits de succession peuvent être appliqués dans les deux pays sans mécanisme d’élimination de la double imposition.

Ce risque mérite une planification patrimoniale anticipée avec un notaire spécialisé.

(Source : convention franco-suisse 1966, dénonciation convention successorale 1953)

Récapitulatif : que faire selon votre situation

SituationImpôt en FranceÀ déclarer à Genève
Résidence secondaire non louéeTaxe foncière + taxe habitation RSValeur du bien (fortune) + valeur locative (pour taux)
Location nueIR min. 20%/30% + PS 7,5% (seuils à vérifier sur impots.gouv.fr)Revenus (pour taux) + valeur du bien
Location meubléeBIC (IR + PS 7,5%)Revenus (pour taux) + valeur du bien
Vente (plus-value)IR 19% + PS 7,5% (abattements)Aucun impôt en Suisse
IFI (si > 1,3 M€ net)Barème IFI progressif

FAQ — Questions fréquentes

La TOU concerne-t-elle tous les résidents genevois qui ont un bien en France ? Non. La TOU ne concerne que les titulaires de permis B ou L — qui sont imposés à la source. Si vous avez le permis C ou la nationalité suisse, vous déposez déjà une déclaration d’impôts complète chaque année et déclarez simplement votre bien français dedans. La TOU ne s’applique pas à vous.

Je suis en permis B, j’ai un appartement en France que je loue. Dois-je faire une TOU ? Oui, dans la quasi-totalité des cas. En tant que permis B imposé à la source, vos revenus locatifs français sont des revenus annexes non soumis à l’impôt à la source en Suisse. Depuis la réforme de 2021, ces revenus ne peuvent être déclarés correctement qu’à travers une TOU. Cette démarche vous permet également de déduire votre 3e pilier. Délai impératif : 31 mars de l’année suivante.

Je vis à Genève et j’ai un appartement en France que je loue. Dois-je déclarer les loyers en Suisse ? Vous devez mentionner ces revenus dans votre déclaration genevoise, mais ils ne seront pas taxés directement par Genève. Ils servent uniquement à déterminer votre taux d’imposition global (règle du taux effectif). En revanche, vous devez les déclarer en France et payer l’impôt correspondant auprès des autorités fiscales françaises.

Puis-je bénéficier de l’exonération de plus-value sur ma résidence principale en France si je pars habiter à Genève ? Non. L’exonération de l’ancienne résidence principale pour les non-résidents (art. 244 bis A I-1° CGI) n’est pas applicable aux personnes domiciliées en Suisse, car la France et la Suisse n’ont pas signé de convention d’assistance mutuelle en matière de recouvrement. Si vous envisagez de vendre, la solution est de vendre avant votre départ en Suisse.

Dois-je payer des prélèvements sociaux à 17,2% sur mes revenus locatifs français si je suis résident suisse ? Non. En tant qu’affilié au régime obligatoire d’assurance maladie suisse (LAMal), vous êtes soumis au prélèvement de solidarité à 7,5% uniquement — et non aux prélèvements sociaux à 17,2% applicables aux non-résidents sans couverture sociale dans un pays de l’EEE ou la Suisse.

Mon bien immobilier en France doit-il être déclaré dans ma déclaration de fortune à Genève ? Oui. Le canton de Genève exige la déclaration de tous les biens immobiliers quel que soit leur lieu de situation — y compris à l’étranger. La valeur fiscale correspond au prix d’achat converti en CHF au cours du 31 décembre.

Dois-je nommer un représentant fiscal si je vends mon bien depuis la Suisse ? Oui, c’est une obligation légale en France (art. 244 bis A du CGI) pour tout non-résident vendant un bien immobilier en France. Sans cette désignation, le notaire ne peut pas finaliser la vente. Ce représentant est solidairement responsable de l’impôt dû.

La Suisse va-t-elle imposer la plus-value si je vends mon bien français ? Non. La plus-value sur un bien immobilier situé en France appartient exclusivement à la compétence fiscale française, conformément à l’article 15-1 de la convention franco-suisse de 1966. Elle ne sera pas imposée à Genève.

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Impôts en Suisse pour les nouveaux arrivants : ce qu’il faut savoir

Impôts en Suisse pour les nouveaux arrivants : ce qu'il faut savoir

Fiscalité et impôts en Suisse 2026 — guide complet pour nouveaux arrivants et expatriés francophones

Sommaire :

📋 Points clés à retenir

  • Avec un permis B, vous êtes automatiquement soumis à l'impôt à la source — votre employeur prélève l'impôt directement sur votre salaire chaque mois. (art. 83 LIFD)
  • La TOU (Taxation Ordinaire Ultérieure) est obligatoire dès que votre revenu brut annuel atteint CHF 120'000. En dessous, vous pouvez la demander volontairement. (art. 89 LIFD)
  • Le délai pour déposer une DRIS ou TOU est le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale. Toute demande hors délai est irrecevable. (ge.ch, vd.ch)
  • Depuis la réforme de 2021, la déduction du 3e pilier n'est plus possible via une DRIS — elle nécessite obligatoirement une TOU.
  • La charge fiscale varie selon le canton ET la commune de résidence — il n'existe pas de taux unique en Suisse. Simulez votre situation sur estv.admin.ch.

Vous venez d’arriver en Suisse avec votre permis B. Chaque mois, votre employeur prélève un montant d’impôt directement sur votre salaire. Mais savez-vous si le bon barème est appliqué ? Que vous pouvez récupérer des déductions ? Et que passer à côté de certaines démarches peut vous coûter plusieurs milliers de francs par an ?

Ce guide vous explique clairement et uniquement avec des informations vérifiées comment fonctionne la fiscalité suisse pour les nouveaux arrivants en 2026.

Comment fonctionne la fiscalité suisse ? Les 3 niveaux à connaître

La Suisse est un État fédéral. Contrairement à la France où seul l’État central perçoit l’impôt sur le revenu, trois entités distinctes prélèvent des impôts en Suisse :

  1. La Confédération (impôt fédéral direct — IFD) — taux progressif, plafonné à 11,5%
  2. Le canton de résidence — taux variable selon le canton
  3. La commune de résidence — taux variable selon la commune

💡 C’est pourquoi deux personnes gagnant exactement le même salaire peuvent payer des montants d’impôts très différents si elles habitent dans des cantons ou des communes différents. Il n’existe pas de taux unique en Suisse — chaque situation est unique.

Le calculateur officiel de l’AFC (Administration fédérale des contributions) sur estv.admin.ch permet d’estimer votre charge fiscale selon votre revenu, votre commune et votre situation familiale.

Permis B : vous êtes imposé à la source — voici ce que ça signifie

Tout étranger résidant en Suisse sans permis d’établissement (permis C) est soumis à l’impôt à la source. Cela concerne notamment les titulaires de permis B et L.

Concrètement : votre employeur calcule chaque mois le montant d’impôt dû et le prélève directement sur votre salaire avant de vous le verser. Il verse ensuite cet impôt à l’administration fiscale cantonale en votre nom. Vous n’avez aucune démarche à faire pour ce prélèvement mensuel  votre employeur s’en charge.

Les barèmes de l’impôt à la source

L’employeur applique un barème en fonction de votre situation personnelle :

BarèmeQui est concerné
ACélibataire, sans enfant à charge
BMarié(e), conjoint(e) sans activité lucrative
CLes deux conjoints exercent une activité lucrative
HFamilles monoparentales

⚠️ Vérifiez que votre employeur applique le bon barème dès votre arrivée. Une erreur de barème peut entraîner une retenue trop élevée ou insuffisante — les deux sont problématiques.

Quand devient-on soumis à l’imposition ordinaire ?

L’impôt à la source est automatiquement remplacé par l’imposition ordinaire dans deux situations :

1. Vous obtenez le permis C (autorisation d’établissement, après 5 ans de résidence en Suisse) — vous déposez alors une déclaration d’impôt complète chaque année comme les ressortissants suisses.

2. Votre revenu brut annuel dépasse CHF 120’000 — la Taxation Ordinaire Ultérieure (TOU) devient obligatoire dès l’année suivante et pour toute la durée de votre assujettissement à l’impôt à la source.

 

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DRIS et TOU : deux outils pour optimiser votre impôt

Si vous êtes imposé à la source, deux mécanismes vous permettent d’ajuster ou de compléter votre imposition pour tenir compte de votre situation réelle.

La DRIS — Demande de Rectification de l’Impôt à la Source

La DRIS permet de corriger le barème appliqué ou de prendre en compte certaines situations non reflétées dans le prélèvement mensuel (changement de situation familiale, barème incorrect, etc.).

Délai : au plus tard le 31 mars de l’année suivant l’année fiscale concernée.

⚠️ Attention : depuis la réforme de l’impôt à la source de 2021, les déductions importantes (3ème pilier, frais de garde, frais de formation…) ne peuvent plus être réclamées via une DRIS. Elles nécessitent une TOU.

La TOU — Taxation Ordinaire Ultérieure

La TOU vous permet de déposer une déclaration d’impôt complète pour faire valoir toutes vos déductions réelles, exactement comme un contribuable ordinaire. C’est la seule voie pour déduire le 3e pilier, les frais professionnels réels, les frais de garde d’enfants, etc.

Conditions pour demander une TOU volontaire :

  • Vous êtes résident en Suisse avec permis B ou L
  • Vous souhaitez déduire des frais réels supérieurs aux déductions forfaitaires déjà intégrées dans le barème

TOU obligatoire si :

  • Votre revenu brut annuel dépasse CHF 120’000
  • Vous avez des revenus non soumis à l’impôt à la source (revenus étrangers, rentes, etc.)
  • Vous possédez une fortune imposable selon le droit cantonal

Délai TOU : au plus tard le 31 mars de l’année fiscale suivante. Toute demande déposée hors délai est irrecevable.

⚠️ Une fois la TOU demandée, elle est irrévocable. Elle s’applique pour toutes les années suivantes jusqu’à la fin de votre assujettissement à l’impôt à la source. Évaluez bien votre situation avant de la demander.

Quelles déductions sont accessibles avec la TOU ?

En déposant une déclaration d’impôt via TOU, vous pouvez déduire de votre revenu imposable :

  • Cotisations au 3e pilier (pilier 3a) — jusqu’à CHF 7’258/an pour les salariés affiliés à une caisse de pension (2026)
  • Frais de transport domicile-travail (transports publics ou voiture selon règles cantonales)
  • Frais de repas si la pause déjeuner ne peut pas être prise au domicile
  • Frais de garde d’enfants par des tiers (crèche, garderie)
  • Frais de formation et de reconversion professionnelle
  • Primes d’assurance maladie (déduction partielle selon barème cantonal)
  • Pensions alimentaires versées à d’ex-conjoint(e)s ou enfants (sous conditions)
  • Rachats de 2e pilier

💡 Le montant exact des déductions et les conditions varient selon le canton. Consultez l’administration fiscale de votre canton ou un conseiller pour connaître les règles applicables à votre situation.

Le 3e pilier : le levier fiscal le plus efficace dès l’arrivée

Ouvrir un pilier 3a dès votre première année en Suisse est l’une des décisions les plus rentables fiscalement. En 2026, le plafond de déduction est fixé à CHF 7’258 par an pour un salarié affilié à une caisse de pension.

Pour en bénéficier, vous devez demander une TOU  c’est la seule voie depuis la réforme de 2021. La simple rectification DRIS ne permet plus de déduire le 3e pilier.

Comment ça fonctionne concrètement :

  1. Vous versez jusqu’à CHF 7’258 sur votre compte 3a avant le 31 décembre
  2. Vous demandez une TOU avant le 31 mars de l’année suivante
  3. L’administration fiscale recalcule votre impôt en déduisant ce montant
  4. Vous recevez un remboursement (ou une réduction de la prochaine facture)

L’économie réelle dépend de votre taux marginal d’imposition, qui varie selon votre revenu et votre commune. Il n’existe pas de chiffre unique valable pour tous — utilisez le calculateur de votre canton.

Guide complet 3e pilier pour expatriés →

Permis B et impôts : que se passe-t-il après 5 ans ?

Après 5 ans de résidence régulière en Suisse, vous pouvez obtenir le permis C (autorisation d’établissement). Dès ce moment :

  • Vous n’êtes plus soumis à l’impôt à la source
  • Vous passez à l’imposition ordinaire : vous déposez une déclaration d’impôt complète chaque année
  • Vous pouvez déduire directement toutes vos charges sans passer par une TOU

⚠️ Attention : le passage au permis C et à l’imposition ordinaire peut parfois entraîner une augmentation de la charge fiscale pour les contribuables qui déduisent peu  car le barème d’impôt à la source intègre des forfaits qui peuvent être plus avantageux que certaines déductions réelles. Ce point mérite une analyse au cas par cas.

La convention franco-suisse de double imposition

La France et la Suisse ont conclu une convention fiscale bilatérale qui évite la double imposition des revenus. Pour un résident fiscal en Suisse :

  • Vos revenus du travail en Suisse sont imposés uniquement en Suisse
  • Vous devez informer l’administration fiscale française de votre changement de résidence
  • La dernière année de résidence partielle en France reste imposable en France pour la période concernée

Checklist fiscale annuelle pour un permis B en Suisse

Avant le 31 décembre de l’année fiscale :

  • ✅ Vérifier que le bon barème (A/B/C/H) est appliqué par l’employeur
  • ✅ Verser sa cotisation 3e pilier si vous souhaitez déduire le montant maximum
  • ✅ Rassembler les justificatifs de frais réels (transport, garde, formation…)

Entre le 1er janvier et le 31 mars de l’année suivante :

  • ✅ Déposer une DRIS si le barème était incorrect ou situation familiale changée
  • ✅ Déposer une demande de TOU si vous souhaitez déduire le 3e pilier ou frais réels
  • ✅ Joindre le certificat de salaire fourni par l’employeur

⚠️ Le délai du 31 mars est impératif. Toute demande de DRIS ou TOU déposée après cette date est irrecevable et ne peut pas être rattrapée.

FAQ — Questions fréquentes sur les impôts en Suisse pour les nouveaux arrivants

Qu’est-ce que l’impôt à la source en Suisse ? L’impôt à la source est un mécanisme par lequel votre employeur prélève chaque mois directement sur votre salaire le montant d’impôt dû et le verse à l’administration fiscale cantonale. Il concerne tous les étrangers résidant en Suisse sans permis C — notamment les titulaires de permis B et L. (Source : art. 83 LIFD)

Quelle est la différence entre DRIS et TOU ? La DRIS (Demande de Rectification de l’Impôt à la Source) corrige le barème ou la situation familiale, mais ne permet pas de déduire des frais réels importants. La TOU (Taxation Ordinaire Ultérieure) permet de déposer une déclaration complète et de déduire toutes les charges réelles — notamment le 3e pilier. Délai pour les deux : 31 mars de l’année suivante.

À partir de quel salaire la TOU devient-elle obligatoire ? La TOU est obligatoire dès que votre revenu brut annuel atteint ou dépasse CHF 120’000 provenant d’une activité salariée. Elle est également obligatoire si vous avez des revenus non soumis à l’impôt à la source ou une fortune imposable. (Source : art. 89 LIFD)

Peut-on déduire le 3e pilier avec le permis B ? Oui, mais uniquement via une TOU — pas via une simple DRIS. Depuis la réforme de l’impôt à la source de 2021, la déduction du 3e pilier (pilier 3a) nécessite le dépôt d’une déclaration d’impôt ordinaire dans le cadre d’une TOU.

Les impôts sont-ils les mêmes dans tous les cantons suisses ? Non. La Suisse est un État fédéral : chaque canton et chaque commune fixe ses propres taux d’imposition. Pour un même revenu, la charge fiscale peut varier significativement selon le lieu de résidence. Utilisez le calculateur de l’AFC sur estv.admin.ch pour simuler votre situation.

Quand sort-on de l’impôt à la source en Suisse ? Vous sortez de l’impôt à la source lorsque vous obtenez le permis C (autorisation d’établissement — accordée en général après 5 ans), lorsque vous épousez un(e) ressortissant(e) suisse ou un(e) titulaire du permis C domicilié(e) en Suisse, ou lorsque vous obtenez vous-même la nationalité suisse.

⚠️ Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal. Chaque situation est différente selon le canton, le revenu et la situation familiale. Pour une analyse personnalisée, consultez l’administration fiscale de votre canton ou un conseiller fiscal agréé.

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10 ans que j'aide des expatriés et nouveaux arrivants en Suisse à bien s'installer et à faire les bons choix. Assurance maladie, 3e pilier, fiscalité, permis B… J'adore simplifier ce qui semble compliqué et donner des conseils concrets, adaptés à votre situation. Parce qu'un bon départ en Suisse, ça change vraiment tout.

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