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Comment payer moins d’impôts en Suisse en 2026 : les 8 leviers classés par économie réelle (simulations CHF incluses)

Comment payer moins d'impôts en Suisse en 2026 : les 8 leviers classés par économie réelle (simulations CHF incluses)

Comment payer moins d'impôts en Suisse 2026 — 8 leviers classés par économie réelle : rachat LPP, pilier 3a, TOU frontaliers, frais de garde

Sommaire :

📋 Les 4 priorités absolues pour 2026

  • Rachat LPP : jusqu'à 16 000 CHF d'économie/an — vérifiez votre certificat de prévoyance
  • Pilier 3a : 7 258 CHF + rattrapage 2025 (nouveauté) = ~4 640 CHF économisés pour profil standard
  • TOU (permis B/G genevois) : potentiel 1 000–5 000 CHF si déductions significatives
  • Frais de garde enfants : jusqu'à 25 500 CHF par enfant — levier massif sous-utilisé par les familles

Chaque année, des milliers de contribuables en Suisse romande remplissent leur déclaration d’impôts en listant les mêmes déductions basiques  et passent à côté de plusieurs milliers de francs d’économies. Pas parce que c’est illégal ou complexe. Parce que personne ne leur a dit dans quel ordre attaquer les leviers.

La vérité sur la fiscalité suisse : tous les leviers ne se valent pas. Verser 7 258 CHF dans un pilier 3a peut vous économiser 2 500 CHF d’impôts en un an. Déduire vos frais de transport vous économise peut-être 200 CHF. Ce n’est pas le même investissement de temps, ni le même retour.

Ce guide classe les 8 leviers fiscaux du plus puissant au plus modeste — avec des simulations CHF concrètes pour un profil type en Suisse romande, à jour pour la déclaration 2026.

Profil de référence utilisé dans toutes les simulations

Salarié célibataire, 42 ans, Genève, revenu brut : 100 000 CHF/an, taux marginal d’imposition ~32 %

Ce profil est représentatif d’un cadre intermédiaire en Suisse romande. Les chiffres varient selon votre canton, situation familiale et revenu — mais les ordres de grandeur restent cohérents pour comprendre les priorités.

Levier 1 — Rachat LPP : jusqu’à 8 000 CHF d’économie par an

C’est le levier le plus puissant et le plus sous-utilisé. Presque aucun article ne l’explique correctement.

Le rachat LPP consiste à verser volontairement des fonds dans votre caisse de pension pour combler des “lacunes de cotisation” accumulées depuis le début de votre carrière : années d’études, travail à temps partiel, salaires trop bas, arrivée en Suisse en milieu de carrière.

Comment savoir si vous avez des lacunes ? Regardez votre certificat LPP annuel (envoyé par votre caisse de pension chaque fin d’année). La ligne “Rachat supplémentaire possible” ou “Potentiel de rachat” indique exactement combien vous pouvez verser.

Ce que ça économise — simulation :

Montant de rachat LPPÉconomie fiscale à 32 % de taux marginal
10 000 CHF~3 200 CHF d’impôt économisé
25 000 CHF~8 000 CHF d’impôt économisé
50 000 CHF~16 000 CHF d’impôt économisé

Le piège à connaître : après un rachat LPP, vous ne pouvez pas retirer le capital de votre caisse de pension sous forme de capital pendant 3 ans (art. 79b LPP). Si vous planifiez de prendre votre retraite ou de racheter un logement dans moins de 3 ans, attendez.

La stratégie optimale : échelonnez les rachats sur plusieurs années au lieu de tout verser en une fois. La progressivité de l’impôt suisse fait qu’un rachat de 25 000 CHF répété deux ans de suite économise plus qu’un seul rachat de 50 000 CHF en une fois.

Pour qui c’est particulièrement puissant :

  • Arrivés en Suisse après 30 ans (lacunes importantes)
  • Salariés ayant travaillé à temps partiel plusieurs années
  • Dirigeants de PME qui se sont longtemps versé un salaire bas
  • Personnes proches de la retraite (les caisses accordent souvent un fort potentiel de rachat)

Levier 2 — Pilier 3a (avec la nouveauté 2026) : 2 000–12 000 CHF

C’est le levier le plus connu — mais peu de gens savent que 2026 ouvre une opportunité de rattrapage unique.

Le versement ordinaire 2026

ProfilPlafond 3a 2026Économie fiscale estimée à 32 %
Salarié avec caisse de pension7 258 CHF/an~2 320 CHF
Indépendant sans LPP36 288 CHF/an (max 20 % du revenu net)~11 612 CHF

La nouveauté 2026 — rachat rétroactif sur 10 ans

À partir de l’année fiscale 2026, il est possible pour la première fois d’effectuer des versements rétroactifs dans le pilier 3a pour combler des années où vous n’avez pas atteint le plafond. La règle : vous pouvez rattraper jusqu’à 10 années de cotisations manquantes, en plus du versement ordinaire de l’année en cours.

Ce que ça signifie concrètement :

  • En 2026, vous pouvez verser 7 258 CHF pour 2026 (versement ordinaire)
  • ET verser en plus jusqu’à 7 258 CHF de rattrapage pour 2025

Simulation pour notre profil Genève 100 000 CHF :

  • Versement 2026 : 7 258 CHF → économie ~2 320 CHF
  • Rattrapage 2025 (première année disponible) : 7 258 CHF → économie ~2 320 CHF
  • Total 2026 : ~4 640 CHF d’impôt économisé sur deux versements

Source : OFAS, Union patronale suisse. Vérifiez les conditions auprès de votre institution de prévoyance.

L’autre avantage du 3a que personne ne chiffre

Pendant que votre argent est dans le 3a, il n’est pas soumis à l’impôt sur la fortune ni aux impôts sur les rendements (intérêts, dividendes). Pour quelqu’un avec 80 000 CHF accumulés dans son 3a, c’est environ 800–1 200 CHF d’impôt sur la fortune économisé chaque année supplémentaire — un avantage invisible mais réel sur 20 ans.

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Levier 3 — TOU pour les frontaliers et permis B : potentiel 1 000–5 000 CHF

Ce levier est spécifique aux personnes imposées à la source — et c’est le plus mal expliqué de tous.

Si vous êtes salarié avec un permis B ou un permis G (frontalier à Genève), vous payez l’impôt à la source. Ce barème forfaitaire ne tient compte d’aucune déduction — ni 3e pilier, ni LAMal, ni frais professionnels, ni frais de garde.

Depuis la réforme de 2021, la Taxation Ordinaire Ultérieure (TOU) est le seul moyen d’accéder à toutes ces déductions. Elle vous fait passer d’une imposition forfaitaire à une déclaration ordinaire — comme n’importe quel contribuable suisse.

Quand la TOU vaut-elle vraiment le coup ?

La TOU vaut la peine si vous avez des déductions significatives qui ne sont pas reflétées dans votre barème à la source :

SituationTOU intéressante ?
Versements 3a importants✅ Oui — économie directe
Rachat LPP✅ Très oui — récupération immédiate
Frais de garde d’enfants✅ Oui — si > 5 000 CHF/an
Frais de transport élevés✅ Oui — trajets longs
Situation standard sans grandes déductions⚠️ Vérifier avant
Revenus accessoires en France (partenaire)❌ Attention — peut augmenter l’impôt

Attention — la TOU est irréversible. Une fois demandée, vous êtes engagé. Calculez précisément votre gain potentiel avant de vous lancer. Pour les frontaliers genevois dont le partenaire travaille en France, la TOU peut parfois augmenter la facture globale.

Pour les frontaliers de Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura : ces cantons imposent les frontaliers en France. La TOU n’a généralement pas d’intérêt fiscal côté suisse — orientez-vous vers les déductions dans votre déclaration française (LAMal déductible en France notamment).

Levier 4 — Primes d’assurance (LAMal, vie, accidents) : 500–2 000 CHF

C’est un levier connu mais systématiquement sous-optimisé.

Les primes que vous payez pour votre assurance maladie obligatoire (LAMal), vos assurances accidents, et certaines assurances vie sont déductibles du revenu imposable — dans les limites suivantes :

Situation familialePlafond fédéralPlafond cantonal (variable)
Personne seule1 700 CHFjusqu’à 5 600 CHF (GE)
Couple marié3 500 CHFjusqu’à 10 000 CHF (GE)
Par enfant à charge+ 700 CHF+ variable

Note : les plafonds cantonaux varient significativement. Genève est parmi les plus généreux. Vérifiez votre canton sur l’outil officiel de l’AFC.

Ce que beaucoup ignorent : la déduction primes d’assurance inclut généralement un forfait pour les intérêts de l’épargne dans la même rubrique (sauf Vaud et Fribourg qui séparent les deux). Si vous n’avez pas maximisé votre plafond, ajoutez vos primes de complémentaire santé, assurance vie, ou RC.

Simulation : primes LAMal 4 800 CHF/an + complémentaire 600 CHF = 5 400 CHF. Déductible à hauteur du plafond cantonal. Économie pour notre profil genevois : ~530 CHF d’impôt.

Levier 5 — Frais professionnels : 300–1 500 CHF

Ce levier est systématique et quasi automatique — mais beaucoup ne déclarent pas les bons montants.

Frais de déplacement domicile-travail

Plafond fédéral 2026 : 3 200 CHF/an

Les cantons peuvent appliquer des plafonds plus généreux. À Genève, le plafond est plus élevé que le federal.

Mode de transportCalcul
Transports publicsCoût réel de l’abonnement (mensuel/annuel)
VéloForfait
Voiture (si TP impossible)0,70 CHF/km

Simulation : salarié qui prend le train depuis Nyon vers Genève. Abonnement annuel ~3 000 CHF → entièrement déductible jusqu’au plafond cantonal.

Frais de repas

Si vous ne pouvez pas rentrer chez vous le midi : 15 CHF/jour × 220 jours de travail = 3 300 CHF (si votre lieu de travail est à distance). Plafond fédéral : 3 200 CHF.

Frais de formation professionnelle

Jusqu’à 13 000 CHF/an pour les formations continues en lien avec votre activité professionnelle. MBA, certifications, cours de langue professionnels — tous déductibles sur présentation des justificatifs. C’est un levier massivement sous-utilisé.

Levier 6 — Frais médicaux et soins de santé : 0–800 CHF

Ce levier est souvent inutilisable — mais peut valoir le coup dans certains cas.

La règle fédérale : seuls les frais médicaux dépassant 5 % de votre revenu net sont déductibles. Pour un revenu de 90 000 CHF net, ça signifie que vous devez avoir plus de 4 500 CHF de frais non remboursés avant de pouvoir déduire le premier franc.

Les cas où ça vaut le coup :

  • Franchise élevée (2 500 CHF) non remboursée
  • Frais dentaires importants (prothèses, implants)
  • Frais d’optique sur ordonnance
  • Traitements non couverts par la LAMal

Exception genevoise : à Genève, la franchise est de seulement 0,5 % du revenu net — soit 450 CHF pour un revenu de 90 000 CHF. La déduction genevoise est donc accessible à beaucoup plus de contribuables que dans les autres cantons (5 %).

Levier 7 — Frais de garde d’enfants : jusqu’à 25 500 CHF

Ce levier est l’un des plus puissants pour les familles — et pourtant systématiquement oublié.

Les frais de garde d’enfants de moins de 14 ans (crèche, garderie, maman de jour) sont déductibles jusqu’à 25 500 CHF/an par enfant pour l’impôt fédéral direct. Les cantons appliquent leurs propres plafonds, souvent plus bas.

Condition : les deux parents doivent exercer une activité lucrative.

Simulation famille : deux enfants en crèche à Genève à 2 500 CHF/mois chacun = 60 000 CHF/an. Déduction plafonnée à 25 500 CHF × 2 = 51 000 CHF. À un taux marginal de 28 % pour un couple genevois : économie ~14 280 CHF/an. C’est l’un des leviers les plus sous-estimés par les jeunes familles.

Levier 8 — Dons à des associations reconnues : 0–200 CHF

Utile, mais à faible impact individuel.

Les dons à des organisations d’utilité publique reconnues domiciliées en Suisse sont déductibles jusqu’à 20 % de votre revenu net. Le don minimum déductible : 100 CHF. Pour un contribuable moyen qui donne 500–1 000 CHF/an : économie de 160–320 CHF selon le taux marginal.

Tableau récapitulatif — les 8 leviers classés par potentiel d’économie

RangLevierÉconomie potentielle/anComplexitéPour qui
🥇 1Rachat LPP3 200–16 000 CHFMoyenSalarié avec lacunes, dirigeant PME
🥈 2Pilier 3a (+ rattrapage 2026)2 300–12 000 CHFFaibleTout le monde
🥉 3TOU (imposé à la source)1 000–5 000 CHFÉlevéPermis B/G avec déductions
4Frais de garde enfants2 000–14 000 CHFFaibleFamilles avec jeunes enfants
5Frais professionnels300–1 500 CHFFaibleTous les salariés
6Primes d’assurance500–2 000 CHFFaibleTous les contribuables
7Frais médicaux0–800 CHFFaibleDépend de la situation
8Dons0–300 CHFFaibleSelon engagement

Votre stratégie en 4 étapes selon votre profil

Profil A — Salarié standard sans enfants, Suisse romande

Priorités :

  1. Vérifiez votre potentiel de rachat LPP sur votre certificat de prévoyance
  2. Versez le maximum au 3a avant le 31 décembre
  3. Si permis B ou frontalier genevois : calculez si la TOU vaut le coup
  4. Déclarez tous vos frais professionnels (transport, repas, formation)

Économie totale réaliste : 2 500–8 000 CHF/an selon les leviers activés.

Profil B — Famille avec enfants, deux revenus

Priorités :

  1. Déduisez les frais de garde → levier massif
  2. Les deux partenaires maximisent leur 3a (7 258 × 2 = 14 516 CHF de déduction)
  3. Rachat LPP si lacunes
  4. Coordonnez les versements pour éviter la progressivité (ne pas tout mettre la même année)

Économie totale réaliste : 5 000–20 000 CHF/an selon la situation.

Profil C — Indépendant sans LPP

Priorités :

  1. 3a jusqu’au plafond de 36 288 CHF (ou 20 % du revenu net) — levier fiscal de loin le plus puissant pour les indépendants
  2. Envisagez une affiliation volontaire à une caisse de pension LPP : elle permet un potentiel de rachat ultérieur encore plus important
  3. Toutes les charges d’exploitation sont déductibles du bénéfice (pas du revenu imposable personnel — différent pour une Sàrl)

Économie totale réaliste : 8 000–15 000 CHF/an si le maximum 3a est atteint.

Profil D — Frontalier avec permis G, travail à Genève

Priorités :

  1. Vérifiez si la TOU vous est favorable : calculez vos déductions potentielles (3a, frais professionnels, garde enfants) vs votre barème actuel à la source
  2. Si TOU favorable : versez au 3a, demandez la TOU, déduisez tout
  3. Si TOU défavorable ou risquée (partenaire travaillant en France) : optimisez votre déclaration française — les primes LAMal sont déductibles en France comme cotisation sociale

Ce que personne ne vous dit sur la planification pluriannuelle

Le plus gros gain fiscal n’est pas dans une seule année — il est dans la coordination sur 5 à 10 ans.

Trois règles d’or que les conseillers fiscaux appliquent mais que peu de guides expliquent :

Règle 1 — Ne jamais faire un rachat LPP et retirer le capital la même année ou dans les 3 ans suivants. L’économie fiscale à l’entrée est annulée par l’impôt à la sortie si le délai n’est pas respecté.

Règle 2 — Espacer les gros retraits de 3a sur plusieurs années. Retirer 50 000 CHF en une fois coûte plus d’impôt que deux retraits de 25 000 CHF sur deux ans — grâce à la progressivité. Avec 3–4 comptes 3a distincts, vous pouvez échelonner les retraits à la retraite et économiser 5 000 à 15 000 CHF d’impôt au total.

Règle 3 — Ne pas retirer 3a et LPP la même année. Les deux sont imposés séparément du revenu ordinaire — mais si vous les cumulez la même année, la progressivité joue contre vous. Décalez-les d’une année.

FAQ — Payer moins d’impôts en Suisse 2026

Quel est le levier fiscal le plus puissant en Suisse pour un salarié ? Le rachat LPP pour ceux qui ont des lacunes de cotisation, et le pilier 3a pour tout le monde. Les deux sont cumulables. Un rachat LPP de 25 000 CHF à un taux marginal de 32 % économise ~8 000 CHF d’impôt en un an — c’est le levier à activer en priorité si votre certificat de prévoyance indique un potentiel de rachat.

La nouveauté fiscale 2026 à ne pas manquer ? Les rachats rétroactifs dans le pilier 3a. Pour la première fois, vous pouvez verser en plus du plafond ordinaire (7 258 CHF) un montant de rattrapage pour l’année 2025. Cela permet de doubler la déduction 3a sur votre déclaration 2026. Source : OFAS, décision applicable dès l’année fiscale 2026.

Puis-je cumuler rachat LPP et versement 3a la même année ? Oui, les deux sont entièrement cumulables. Vous pouvez verser 7 258 CHF en 3a ET effectuer un rachat LPP de 25 000 CHF la même année. L’économie fiscale s’additionne. La seule contrainte : après un rachat LPP, vous ne pouvez pas retirer ce capital en espèces avant 3 ans (art. 79b LPP).

Je suis frontalier au permis G. Puis-je déduire mon pilier 3a ? Ça dépend de votre canton de travail. À Genève, oui — si vous avez le statut de quasi-résident (90 % des revenus du foyer imposés en Suisse) via la TOU. Dans les autres cantons romands (Vaud, Valais, Neuchâtel, Jura), les frontaliers sont imposés en France et le 3a suisse n’offre pas de déduction fiscale côté suisse. En revanche, votre déclaration française peut intégrer d’autres optimisations.

Quel est le meilleur moment de l’année pour agir ? Pour le 3a et les rachats LPP : avant le 31 décembre de l’année concernée. Le versement doit être crédité sur le compte avant cette date pour être déductible l’année en cours. Ne pas attendre la dernière semaine de décembre — les délais de virement peuvent jouer contre vous.

En résumé — votre checklist fiscale 2026

Rachat LPP : consultez votre certificat de prévoyance → si potentiel > 0, planifiez un versement cette année

Pilier 3a : versez 7 258 CHF avant le 31 décembre + explorez le rattrapage 2025 (nouveauté 2026)

TOU : si permis B ou frontalier genevois avec déductions significatives (3a, garde, formation) → calculez le gain avant décision irréversible

Frais de garde : récupérez toutes les attestations de crèche/garderie/maman de jour — jusqu’à 25 500 CHF déductibles par enfant

Frais professionnels : transport annuel, abonnement, formation continue — conservez tous les justificatifs

Primes d’assurance : calculez le total LAMal + complémentaire + RC + vie pour maximiser le plafond cantonal

Conclusion

Payer moins d’impôts en Suisse n’est pas une question de niches obscures ou d’optimisation agressive. C’est une question d’ordre : savoir quel levier activer en premier, combien ça rapporte concrètement, et comment coordonner les décisions sur plusieurs années pour maximiser l’effet.

Le rachat LPP et le pilier 3a représentent 80 % du potentiel d’économie pour la majorité des salariés en Suisse romande. Tout le reste est utile — mais secondaire. Commencez par là.

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Résident à Genève avec un bien immobilier en France : comment ça se passe fiscalement ?

Résident à Genève avec un bien immobilier en France : comment ça se passe fiscalement ?

Résident à Genève propriétaire d'un bien immobilier en France — guide fiscalité 2026

Sommaire :

📋 Points clés à retenir

  • La convention franco-suisse de 1966 (art. 6 et 15-1) attribue à la France le droit d'imposer les revenus immobiliers et les plus-values de biens situés sur son territoire — même si vous vivez à Genève.
  • Genève ne taxe pas directement vos revenus ou plus-values immobiliers français — mais elle les intègre pour calculer votre taux d'imposition global (règle du taux effectif). (ge.ch officiel)
  • Votre bien immobilier en France doit obligatoirement être déclaré dans votre déclaration fiscale genevoise — quelle que soit sa situation géographique. (ge.ch officiel)
  • Affilié à la LAMal suisse, vous payez le prélèvement de solidarité à 7,5% — et non les prélèvements sociaux à 17,2% — sur vos revenus locatifs et plus-values français.
  • ⚠️ Aucune convention successorale entre France et Suisse depuis 2015 — risque de double imposition sur les héritages. Anticipez avec un notaire spécialisé.

Vous avez déménagé à Genève et vous êtes encore propriétaire en France  résidence secondaire, bien locatif, ou maison familiale.

Bonne nouvelle : il existe des règles précises pour éviter de payer deux fois.
Mauvaise nouvelle : ces règles sont plus complexes qu’il n’y paraît, et beaucoup de résidents suisses les ignorent.

Ce guide explique clairement ce que prévoit la convention fiscale franco-suisse de 1966 pour votre bien immobilier en France.

🔴 Guide avancé — avertissement important : Cet article traite d’un sujet complexe à l’intersection de deux systèmes fiscaux. Les règles présentées sont vérifiées sur les sources officielles disponibles, mais la fiscalité franco-suisse évolue et chaque situation patrimoniale est unique. Ce guide ne constitue pas un conseil fiscal ou juridique. Avant toute décision (vente, mise en location, déclaration), consultez un conseiller fiscal spécialisé en fiscalité franco-suisse ou un notaire.

Le principe fondamental : la convention fiscale franco-suisse de 1966

Tout part de là. La France et la Suisse ont signé une convention fiscale le 9 septembre 1966 qui répartit les droits d’imposition entre les deux pays pour éviter la double imposition.

Pour l’immobilier, le principe est simple et clair :

“Les revenus provenant de biens immobiliers sont imposables dans l’État contractant où sont situés ces biens.” (Article 6-1 de la convention franco-suisse de 1966)

“Les gains provenant de l’aliénation des biens immobiliers sont imposables dans l’État contractant où ces biens sont situés.” (Article 15-1 de la convention franco-suisse de 1966)

Conséquence directe : si vous résidez à Genève et que vous possédez un bien immobilier en France, les revenus locatifs et les plus-values de ce bien sont imposables en France — pas en Suisse.

Mais  et c’est là que beaucoup se trompent  la Suisse n’ignore pas pour autant ce bien. Elle l’intègre dans votre déclaration genevoise pour déterminer votre taux d’imposition.

Ce que vous devez déclarer côté suisse (Genève)

La règle est posée noir sur blanc sur le site officiel du canton de Genève :

“Si vous êtes propriétaire ou usufruitier d’un bien immobilier, vous devez le signaler dans votre déclaration fiscale quelle que soit la situation du bien (canton de Genève, autre canton, étranger).” (ge.ch/impot-proprietaires-immobiliers)

Première question clé : quel est votre permis ?

Votre situation fiscale à Genève dépend directement de votre type de permis. Ce point est fondamental et change tout à la façon dont vous déclarez votre bien français.

ProfilMode d’imposition à GenèveDémarche pour le bien en France
Permis B ou LImpôt à la source (prélevé par l’employeur)TOU potentiellement nécessaire — voir ci-dessous
Permis CImposition ordinaire (déclaration annuelle)Bien à déclarer directement dans la déclaration annuelle
Ressortissant suisse / naturaliséImposition ordinaireIdem permis C

💡 Si vous avez le permis C ou la nationalité suisse : vous déposez déjà une déclaration d’impôts complète chaque année. Vous y déclarez simplement votre bien immobilier français comme tout autre élément de fortune ou de revenu. La TOU ne vous concerne pas continuez à lire pour les règles d’imposition en France.

⚠️ Si vous avez le permis B ou L : vous êtes imposé à la source. Avoir des revenus locatifs en France crée une situation particulière lisez attentivement la section ci-dessous.

Ce que Genève fait avec votre bien français

Pour un bien situé à l’étranger (France), Genève applique la règle suivante quelle que soit votre situation :

  • Le bien n’est pas imposé à Genève sur ses revenus ou loyers
  • Mais sa valeur fiscale et son revenu servent à fixer votre barème d’imposition pour les impôts cantonaux et communaux (ICC), et son revenu s’ajoute à votre revenu imposable pour l’impôt fédéral direct (IFD)

(Source : ge.ch/impot-proprietaires-immobiliers — site officiel du canton de Genève)

C’est la règle du taux effectif : vos revenus français font monter votre taux d’imposition en Suisse, même s’ils ne sont pas directement taxés par Genève.

La valeur fiscale à déclarer en Suisse

Pour un bien immobilier étranger, la valeur fiscale à inscrire dans votre déclaration genevoise correspond au prix d’achat, converti en francs suisses au cours du 31 décembre de la période fiscale.

(Source : ge.ch/impot-proprietaires-immobiliers/valeur-fiscale-impot-fortune)

 

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Permis B avec revenus locatifs en France : la TOU s’impose

Si vous êtes titulaire d’un permis B ou L et que vous percevez des revenus locatifs en France, vous vous retrouvez dans une situation précise : vous avez des revenus annexes non soumis à l’impôt à la source en Suisse.

Depuis la réforme de l’impôt à la source de 2021, ces revenus ne peuvent être déclarés et déduits qu’à travers une TOU (Taxation Ordinaire Ultérieure) — pas via une simple DRIS.

Concrètement, la TOU vous permet de :

  • Déclarer vos revenus locatifs français pour le calcul du taux effectif
  • Déduire votre 3ème pilier (CHF 7’258 max en 2026)
  • Faire valoir vos autres déductions réelles (frais professionnels, frais de garde…)

Délai : 31 mars de l’année suivant l’année fiscale — passé ce délai, la demande est irrecevable.

⚠️ La TOU est irrévocable une fois demandée — elle s’applique chaque année jusqu’à la fin de votre assujettissement à l’impôt à la source. Analysez votre situation avec votre administration fiscale cantonale avant de vous engager.

(Source : art. 89 LIFD — Administration fédérale des contributions ; ge.ch/impot-source)

Cas 1 — Résidence secondaire non louée en France

Vous avez gardé votre maison ou appartement en France comme résidence secondaire, mais vous ne la louez pas.

Côté France :

  • Vous n’avez aucune déclaration de revenus immobiliers à faire en France (pas de loyers, pas de revenus)
  • Vous restez redevable de la taxe foncière chaque année
  • La taxe d’habitation sur les résidences secondaires reste due (maintenue même après la réforme de 2026 qui exonère uniquement les résidences principales)

Côté Suisse (Genève) :

  • Vous devez déclarer le bien dans votre déclaration de fortune
  • L’administration fiscale genevoise intègre la valeur locative théorique du bien (même non loué) pour calculer votre taux d’imposition
  • Cette valeur locative théorique ne crée pas d’impôt supplémentaire à payer, mais peut faire monter votre taux marginal

(Source : CCI France Suisse — fiscalité acquisition immobilier France)

Cas 2 — Bien locatif en France (location nue)

Vous louez votre bien en France à un locataire dans le cadre d’une location vide (non meublée).

Côté France — ce que vous payez :

Les revenus locatifs sont imposés en France dans la catégorie revenus fonciers. En tant que non-résident fiscal français, un taux minimum d’imposition s’applique selon un barème progressif. Les taux exacts varient chaque année par indexation — consultez impots.gouv.fr ou le Service des Impôts des Particuliers Non-Résidents (SIPNR) pour les taux en vigueur lors de votre déclaration.

À titre indicatif, la législation prévoit un taux minimum de 20% sur la fraction basse du revenu net imposable et 30% au-delà d’un certain seuil — mais ces montants sont ajustés annuellement.

(Source : CCI France Suisse, basé sur la législation fiscale française — vérifiez les seuils actuels sur impots.gouv.fr)

En plus de l’IR, les non-résidents affiliés à un régime obligatoire de sécurité sociale en Suisse (ce qui est votre cas) sont soumis au prélèvement de solidarité au taux de 7,5% — et non aux prélèvements sociaux à 17,2% applicables aux résidents français ou aux non-résidents non couverts par un régime social européen/suisse.

(Source : renaissancepatrimoine.fr — Résident fiscal suisse et revenus fonciers France)

Vous avez le choix entre deux régimes de déclaration en France :

  • Micro-foncier : abattement forfaitaire de 30% sur les loyers bruts. Simple, mais pas toujours avantageux.
  • Régime réel : déduction des charges effectives (intérêts d’emprunt, taxe foncière, travaux d’entretien, assurances, frais de gestion). Souvent plus avantageux si vous avez des charges élevées ou un emprunt en cours.

Côté Suisse (Genève) :

Vos revenus locatifs français doivent être mentionnés dans votre déclaration suisse. Ils ne sont pas taxés en tant que tels à Genève, mais sont pris en compte pour déterminer votre taux d’imposition global.

Cas 3 — Location meublée en France (LMNP)

Si vous louez votre bien en meublé, les revenus relèvent des Bénéfices Industriels et Commerciaux (BIC) en France. Ce régime permet notamment de déduire l’amortissement du bien, ce qui peut considérablement réduire ou annuler la base imposable.

La distinction entre statut LMNP (loueur meublé non professionnel) et LMP (loueur meublé professionnel) a des conséquences fiscales significatives. Les règles applicables aux non-résidents dans ce domaine sont complexes et peuvent évoluer. Consultez un conseiller fiscal spécialisé avant de choisir ce régime ou si vous êtes déjà en location meublée.

Cas 4 — Vous vendez votre bien en France

C’est le cas le plus sensible. La plus-value est imposée en France, conformément à l’article 15-1 de la convention de 1966.

Le régime d’imposition de la plus-value

ImpositionTauxExonération totale
Impôt sur le revenu (IR)19%Après 22 ans de détention
Prélèvement de solidarité7,5% (si affilié régime suisse)Après 30 ans de détention
Prélèvement complémentaireVariableSi plus-value > 50 000 €

Les abattements pour durée de détention s’appliquent progressivement :

  • De la 6e à la 21e année : 6% par an pour l’IR
  • 22e année : 4% → exonération totale d’IR à partir de 22 ans
  • Pour les prélèvements sociaux : taux d’abattement différent, exonération totale à 30 ans

(Source : art. 244 bis A du CGI + room-avocats.com)

L’obligation du représentant fiscal accrédité

Tout non-résident vendant un bien immobilier en France doit désigner un représentant fiscal accrédité. C’est une obligation légale prévue par l’article 244 bis A du CGI. Sans cette désignation, le notaire ne peut pas finaliser la vente.

⚠️ Point critique : l’exonération de l’ancienne résidence principale

Un piège que beaucoup ne connaissent pas : l’exonération de plus-value sur l’ancienne résidence principale (logique si vous l’occupiez avant de partir en Suisse) ne s’applique pas aux résidents suisses.

La raison : ce dispositif d’exonération prévu à l’article 244 bis A I-1° du CGI nécessite que la France ait conclu avec l’État de résidence du vendeur une convention d’assistance mutuelle en matière de recouvrement. Or, la France et la Suisse n’ont pas signé de telle convention.

Conseil pratique si vous envisagez de vendre votre ancienne résidence principale après votre départ en Suisse : vendez-la avant de partir, ou faites coïncider la date de vente avec la date de départ. L’administration fiscale française admet un délai raisonnable si le bien est resté inoccupé entre le départ et la vente.

(Source : RSM France — Déménager en Suisse : enjeux fiscaux franco-suisses)

Côté Suisse : la plus-value française n’est pas imposée

La plus-value réalisée sur un bien immobilier en France n’est pas imposée à Genève — elle reste exclusivement de compétence française.

(Source : RSM France — “une plus-value générée en France sera normalement taxée en France et non taxée en Suisse”)

Cas 5 — L’IFI (Impôt sur la Fortune Immobilière)

Si la valeur nette de votre patrimoine immobilier situé en France dépasse 1 300 000 € au 1er janvier de l’année fiscale, vous êtes redevable de l’IFI en France — même en tant que résident suisse.

Pour les non-résidents fiscaux français, l’IFI ne porte que sur les biens immobiliers situés en France (pas les biens en Suisse ni ailleurs).

Le barème est progressif, identique à celui des résidents français.

(Source : calci-patrimoine.com — fiscalité expatrié non-résident 2026)

Ce que la convention ne couvre pas : les successions

Point crucial souvent ignoré : il n’existe plus de convention franco-suisse en matière de succession depuis le 1er janvier 2015. La convention de 1953 a été dénoncée.

Conséquence : en cas de décès d’un résident suisse propriétaire en France, ou de transmission du bien à des héritiers résidant en France, les droits de succession peuvent être appliqués dans les deux pays sans mécanisme d’élimination de la double imposition.

Ce risque mérite une planification patrimoniale anticipée avec un notaire spécialisé.

(Source : convention franco-suisse 1966, dénonciation convention successorale 1953)

Récapitulatif : que faire selon votre situation

SituationImpôt en FranceÀ déclarer à Genève
Résidence secondaire non louéeTaxe foncière + taxe habitation RSValeur du bien (fortune) + valeur locative (pour taux)
Location nueIR min. 20%/30% + PS 7,5% (seuils à vérifier sur impots.gouv.fr)Revenus (pour taux) + valeur du bien
Location meubléeBIC (IR + PS 7,5%)Revenus (pour taux) + valeur du bien
Vente (plus-value)IR 19% + PS 7,5% (abattements)Aucun impôt en Suisse
IFI (si > 1,3 M€ net)Barème IFI progressif

FAQ — Questions fréquentes

La TOU concerne-t-elle tous les résidents genevois qui ont un bien en France ? Non. La TOU ne concerne que les titulaires de permis B ou L — qui sont imposés à la source. Si vous avez le permis C ou la nationalité suisse, vous déposez déjà une déclaration d’impôts complète chaque année et déclarez simplement votre bien français dedans. La TOU ne s’applique pas à vous.

Je suis en permis B, j’ai un appartement en France que je loue. Dois-je faire une TOU ? Oui, dans la quasi-totalité des cas. En tant que permis B imposé à la source, vos revenus locatifs français sont des revenus annexes non soumis à l’impôt à la source en Suisse. Depuis la réforme de 2021, ces revenus ne peuvent être déclarés correctement qu’à travers une TOU. Cette démarche vous permet également de déduire votre 3e pilier. Délai impératif : 31 mars de l’année suivante.

Je vis à Genève et j’ai un appartement en France que je loue. Dois-je déclarer les loyers en Suisse ? Vous devez mentionner ces revenus dans votre déclaration genevoise, mais ils ne seront pas taxés directement par Genève. Ils servent uniquement à déterminer votre taux d’imposition global (règle du taux effectif). En revanche, vous devez les déclarer en France et payer l’impôt correspondant auprès des autorités fiscales françaises.

Puis-je bénéficier de l’exonération de plus-value sur ma résidence principale en France si je pars habiter à Genève ? Non. L’exonération de l’ancienne résidence principale pour les non-résidents (art. 244 bis A I-1° CGI) n’est pas applicable aux personnes domiciliées en Suisse, car la France et la Suisse n’ont pas signé de convention d’assistance mutuelle en matière de recouvrement. Si vous envisagez de vendre, la solution est de vendre avant votre départ en Suisse.

Dois-je payer des prélèvements sociaux à 17,2% sur mes revenus locatifs français si je suis résident suisse ? Non. En tant qu’affilié au régime obligatoire d’assurance maladie suisse (LAMal), vous êtes soumis au prélèvement de solidarité à 7,5% uniquement — et non aux prélèvements sociaux à 17,2% applicables aux non-résidents sans couverture sociale dans un pays de l’EEE ou la Suisse.

Mon bien immobilier en France doit-il être déclaré dans ma déclaration de fortune à Genève ? Oui. Le canton de Genève exige la déclaration de tous les biens immobiliers quel que soit leur lieu de situation — y compris à l’étranger. La valeur fiscale correspond au prix d’achat converti en CHF au cours du 31 décembre.

Dois-je nommer un représentant fiscal si je vends mon bien depuis la Suisse ? Oui, c’est une obligation légale en France (art. 244 bis A du CGI) pour tout non-résident vendant un bien immobilier en France. Sans cette désignation, le notaire ne peut pas finaliser la vente. Ce représentant est solidairement responsable de l’impôt dû.

La Suisse va-t-elle imposer la plus-value si je vends mon bien français ? Non. La plus-value sur un bien immobilier situé en France appartient exclusivement à la compétence fiscale française, conformément à l’article 15-1 de la convention franco-suisse de 1966. Elle ne sera pas imposée à Genève.

Fares – Expert 2e Pilier

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10 ans que j'aide des expatriés et nouveaux arrivants en Suisse à bien s'installer et à faire les bons choix. Assurance maladie, 3e pilier, fiscalité, permis B… J'adore simplifier ce qui semble compliqué et donner des conseils concrets, adaptés à votre situation. Parce qu'un bon départ en Suisse, ça change vraiment tout.

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Fiscalité & Impôts

Impôts en Suisse pour les nouveaux arrivants : ce qu’il faut savoir

Impôts en Suisse pour les nouveaux arrivants : ce qu'il faut savoir

Fiscalité et impôts en Suisse 2026 — guide complet pour nouveaux arrivants et expatriés francophones

Sommaire :

📋 Points clés à retenir

  • Avec un permis B, vous êtes automatiquement soumis à l'impôt à la source — votre employeur prélève l'impôt directement sur votre salaire chaque mois. (art. 83 LIFD)
  • La TOU (Taxation Ordinaire Ultérieure) est obligatoire dès que votre revenu brut annuel atteint CHF 120'000. En dessous, vous pouvez la demander volontairement. (art. 89 LIFD)
  • Le délai pour déposer une DRIS ou TOU est le 31 mars de l'année suivant l'année fiscale. Toute demande hors délai est irrecevable. (ge.ch, vd.ch)
  • Depuis la réforme de 2021, la déduction du 3e pilier n'est plus possible via une DRIS — elle nécessite obligatoirement une TOU.
  • La charge fiscale varie selon le canton ET la commune de résidence — il n'existe pas de taux unique en Suisse. Simulez votre situation sur estv.admin.ch.

Vous venez d’arriver en Suisse avec votre permis B. Chaque mois, votre employeur prélève un montant d’impôt directement sur votre salaire. Mais savez-vous si le bon barème est appliqué ? Que vous pouvez récupérer des déductions ? Et que passer à côté de certaines démarches peut vous coûter plusieurs milliers de francs par an ?

Ce guide vous explique clairement et uniquement avec des informations vérifiées comment fonctionne la fiscalité suisse pour les nouveaux arrivants en 2026.

Comment fonctionne la fiscalité suisse ? Les 3 niveaux à connaître

La Suisse est un État fédéral. Contrairement à la France où seul l’État central perçoit l’impôt sur le revenu, trois entités distinctes prélèvent des impôts en Suisse :

  1. La Confédération (impôt fédéral direct — IFD) — taux progressif, plafonné à 11,5%
  2. Le canton de résidence — taux variable selon le canton
  3. La commune de résidence — taux variable selon la commune

💡 C’est pourquoi deux personnes gagnant exactement le même salaire peuvent payer des montants d’impôts très différents si elles habitent dans des cantons ou des communes différents. Il n’existe pas de taux unique en Suisse — chaque situation est unique.

Le calculateur officiel de l’AFC (Administration fédérale des contributions) sur estv.admin.ch permet d’estimer votre charge fiscale selon votre revenu, votre commune et votre situation familiale.

Permis B : vous êtes imposé à la source — voici ce que ça signifie

Tout étranger résidant en Suisse sans permis d’établissement (permis C) est soumis à l’impôt à la source. Cela concerne notamment les titulaires de permis B et L.

Concrètement : votre employeur calcule chaque mois le montant d’impôt dû et le prélève directement sur votre salaire avant de vous le verser. Il verse ensuite cet impôt à l’administration fiscale cantonale en votre nom. Vous n’avez aucune démarche à faire pour ce prélèvement mensuel  votre employeur s’en charge.

Les barèmes de l’impôt à la source

L’employeur applique un barème en fonction de votre situation personnelle :

BarèmeQui est concerné
ACélibataire, sans enfant à charge
BMarié(e), conjoint(e) sans activité lucrative
CLes deux conjoints exercent une activité lucrative
HFamilles monoparentales

⚠️ Vérifiez que votre employeur applique le bon barème dès votre arrivée. Une erreur de barème peut entraîner une retenue trop élevée ou insuffisante — les deux sont problématiques.

Quand devient-on soumis à l’imposition ordinaire ?

L’impôt à la source est automatiquement remplacé par l’imposition ordinaire dans deux situations :

1. Vous obtenez le permis C (autorisation d’établissement, après 5 ans de résidence en Suisse) — vous déposez alors une déclaration d’impôt complète chaque année comme les ressortissants suisses.

2. Votre revenu brut annuel dépasse CHF 120’000 — la Taxation Ordinaire Ultérieure (TOU) devient obligatoire dès l’année suivante et pour toute la durée de votre assujettissement à l’impôt à la source.

 

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DRIS et TOU : deux outils pour optimiser votre impôt

Si vous êtes imposé à la source, deux mécanismes vous permettent d’ajuster ou de compléter votre imposition pour tenir compte de votre situation réelle.

La DRIS — Demande de Rectification de l’Impôt à la Source

La DRIS permet de corriger le barème appliqué ou de prendre en compte certaines situations non reflétées dans le prélèvement mensuel (changement de situation familiale, barème incorrect, etc.).

Délai : au plus tard le 31 mars de l’année suivant l’année fiscale concernée.

⚠️ Attention : depuis la réforme de l’impôt à la source de 2021, les déductions importantes (3ème pilier, frais de garde, frais de formation…) ne peuvent plus être réclamées via une DRIS. Elles nécessitent une TOU.

La TOU — Taxation Ordinaire Ultérieure

La TOU vous permet de déposer une déclaration d’impôt complète pour faire valoir toutes vos déductions réelles, exactement comme un contribuable ordinaire. C’est la seule voie pour déduire le 3e pilier, les frais professionnels réels, les frais de garde d’enfants, etc.

Conditions pour demander une TOU volontaire :

  • Vous êtes résident en Suisse avec permis B ou L
  • Vous souhaitez déduire des frais réels supérieurs aux déductions forfaitaires déjà intégrées dans le barème

TOU obligatoire si :

  • Votre revenu brut annuel dépasse CHF 120’000
  • Vous avez des revenus non soumis à l’impôt à la source (revenus étrangers, rentes, etc.)
  • Vous possédez une fortune imposable selon le droit cantonal

Délai TOU : au plus tard le 31 mars de l’année fiscale suivante. Toute demande déposée hors délai est irrecevable.

⚠️ Une fois la TOU demandée, elle est irrévocable. Elle s’applique pour toutes les années suivantes jusqu’à la fin de votre assujettissement à l’impôt à la source. Évaluez bien votre situation avant de la demander.

Quelles déductions sont accessibles avec la TOU ?

En déposant une déclaration d’impôt via TOU, vous pouvez déduire de votre revenu imposable :

  • Cotisations au 3e pilier (pilier 3a) — jusqu’à CHF 7’258/an pour les salariés affiliés à une caisse de pension (2026)
  • Frais de transport domicile-travail (transports publics ou voiture selon règles cantonales)
  • Frais de repas si la pause déjeuner ne peut pas être prise au domicile
  • Frais de garde d’enfants par des tiers (crèche, garderie)
  • Frais de formation et de reconversion professionnelle
  • Primes d’assurance maladie (déduction partielle selon barème cantonal)
  • Pensions alimentaires versées à d’ex-conjoint(e)s ou enfants (sous conditions)
  • Rachats de 2e pilier

💡 Le montant exact des déductions et les conditions varient selon le canton. Consultez l’administration fiscale de votre canton ou un conseiller pour connaître les règles applicables à votre situation.

Le 3e pilier : le levier fiscal le plus efficace dès l’arrivée

Ouvrir un pilier 3a dès votre première année en Suisse est l’une des décisions les plus rentables fiscalement. En 2026, le plafond de déduction est fixé à CHF 7’258 par an pour un salarié affilié à une caisse de pension.

Pour en bénéficier, vous devez demander une TOU  c’est la seule voie depuis la réforme de 2021. La simple rectification DRIS ne permet plus de déduire le 3e pilier.

Comment ça fonctionne concrètement :

  1. Vous versez jusqu’à CHF 7’258 sur votre compte 3a avant le 31 décembre
  2. Vous demandez une TOU avant le 31 mars de l’année suivante
  3. L’administration fiscale recalcule votre impôt en déduisant ce montant
  4. Vous recevez un remboursement (ou une réduction de la prochaine facture)

L’économie réelle dépend de votre taux marginal d’imposition, qui varie selon votre revenu et votre commune. Il n’existe pas de chiffre unique valable pour tous — utilisez le calculateur de votre canton.

Guide complet 3e pilier pour expatriés →

Permis B et impôts : que se passe-t-il après 5 ans ?

Après 5 ans de résidence régulière en Suisse, vous pouvez obtenir le permis C (autorisation d’établissement). Dès ce moment :

  • Vous n’êtes plus soumis à l’impôt à la source
  • Vous passez à l’imposition ordinaire : vous déposez une déclaration d’impôt complète chaque année
  • Vous pouvez déduire directement toutes vos charges sans passer par une TOU

⚠️ Attention : le passage au permis C et à l’imposition ordinaire peut parfois entraîner une augmentation de la charge fiscale pour les contribuables qui déduisent peu  car le barème d’impôt à la source intègre des forfaits qui peuvent être plus avantageux que certaines déductions réelles. Ce point mérite une analyse au cas par cas.

La convention franco-suisse de double imposition

La France et la Suisse ont conclu une convention fiscale bilatérale qui évite la double imposition des revenus. Pour un résident fiscal en Suisse :

  • Vos revenus du travail en Suisse sont imposés uniquement en Suisse
  • Vous devez informer l’administration fiscale française de votre changement de résidence
  • La dernière année de résidence partielle en France reste imposable en France pour la période concernée

Checklist fiscale annuelle pour un permis B en Suisse

Avant le 31 décembre de l’année fiscale :

  • ✅ Vérifier que le bon barème (A/B/C/H) est appliqué par l’employeur
  • ✅ Verser sa cotisation 3e pilier si vous souhaitez déduire le montant maximum
  • ✅ Rassembler les justificatifs de frais réels (transport, garde, formation…)

Entre le 1er janvier et le 31 mars de l’année suivante :

  • ✅ Déposer une DRIS si le barème était incorrect ou situation familiale changée
  • ✅ Déposer une demande de TOU si vous souhaitez déduire le 3e pilier ou frais réels
  • ✅ Joindre le certificat de salaire fourni par l’employeur

⚠️ Le délai du 31 mars est impératif. Toute demande de DRIS ou TOU déposée après cette date est irrecevable et ne peut pas être rattrapée.

FAQ — Questions fréquentes sur les impôts en Suisse pour les nouveaux arrivants

Qu’est-ce que l’impôt à la source en Suisse ? L’impôt à la source est un mécanisme par lequel votre employeur prélève chaque mois directement sur votre salaire le montant d’impôt dû et le verse à l’administration fiscale cantonale. Il concerne tous les étrangers résidant en Suisse sans permis C — notamment les titulaires de permis B et L. (Source : art. 83 LIFD)

Quelle est la différence entre DRIS et TOU ? La DRIS (Demande de Rectification de l’Impôt à la Source) corrige le barème ou la situation familiale, mais ne permet pas de déduire des frais réels importants. La TOU (Taxation Ordinaire Ultérieure) permet de déposer une déclaration complète et de déduire toutes les charges réelles — notamment le 3e pilier. Délai pour les deux : 31 mars de l’année suivante.

À partir de quel salaire la TOU devient-elle obligatoire ? La TOU est obligatoire dès que votre revenu brut annuel atteint ou dépasse CHF 120’000 provenant d’une activité salariée. Elle est également obligatoire si vous avez des revenus non soumis à l’impôt à la source ou une fortune imposable. (Source : art. 89 LIFD)

Peut-on déduire le 3e pilier avec le permis B ? Oui, mais uniquement via une TOU — pas via une simple DRIS. Depuis la réforme de l’impôt à la source de 2021, la déduction du 3e pilier (pilier 3a) nécessite le dépôt d’une déclaration d’impôt ordinaire dans le cadre d’une TOU.

Les impôts sont-ils les mêmes dans tous les cantons suisses ? Non. La Suisse est un État fédéral : chaque canton et chaque commune fixe ses propres taux d’imposition. Pour un même revenu, la charge fiscale peut varier significativement selon le lieu de résidence. Utilisez le calculateur de l’AFC sur estv.admin.ch pour simuler votre situation.

Quand sort-on de l’impôt à la source en Suisse ? Vous sortez de l’impôt à la source lorsque vous obtenez le permis C (autorisation d’établissement — accordée en général après 5 ans), lorsque vous épousez un(e) ressortissant(e) suisse ou un(e) titulaire du permis C domicilié(e) en Suisse, ou lorsque vous obtenez vous-même la nationalité suisse.

⚠️ Ce guide est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil fiscal. Chaque situation est différente selon le canton, le revenu et la situation familiale. Pour une analyse personnalisée, consultez l’administration fiscale de votre canton ou un conseiller fiscal agréé.

Fares – Expert 2e Pilier

Fares – Votre allié chez ThenewSwiss.ch

10 ans que j'aide des expatriés et nouveaux arrivants en Suisse à bien s'installer et à faire les bons choix. Assurance maladie, 3e pilier, fiscalité, permis B… J'adore simplifier ce qui semble compliqué et donner des conseils concrets, adaptés à votre situation. Parce qu'un bon départ en Suisse, ça change vraiment tout.

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